Résultats de votre recherche

Hommage a Dominique Venner

Posté par europeanwolf le 14 juin 2013

Nous avons apprit la nouvelle avec beaucoup de regret, et un flot de questions nous monte immédiatement à la tête. Je veux bien sûr parler de la mort ou plutôt du suicide de Monsieur Venner. Si nous avons mis quelques temps pour lui rendre hommage, c’est parce que nous ne voulions absolument pas faire comme bon nombre de personnes; se ruer sur ce fait divers pour obtenir quelques visites en plus sur notre blog ou pour que l’on parle davantage de nous. Cela fait maintenant quelques semaines que Dominique Venner s’est donné la mort devant notre Dame de Paris. Durant ces quelques jours nous avons pris conscience de qui été vraiment ce grand homme, et pourquoi il est arrivé à ce geste.
« Il est 16 heures quand mon téléphone sonne, au bout du fil un ami proche m’annonce la mauvaise nouvelle. Au début je n’y crois pas, comme quelque chose d’improbable. Moi qui ai lu plusieurs de ses ouvrages, qui l’admire depuis tant de temps pour son implication et son dévouement à notre cause, je viens d’apprendre qu’il a mit fin à ses jours volontairement. Très vite la nouvelle se répand comme une trainée de poudre. On ne parle plus que de ça et les médias en font leur principal sujet. Le lendemain apparaît la lettre qu’il a écrit avant sa mort, expliquant les raisons de son geste. Pour ma part, je ne peux concevoir un tel acte car la vie est précieuse, son combat et son aura pouvaient encore durer et pérenniser encore plusieurs années. Il a décidé de prendre un autre chemin, il a voulu être maître de son destin jusqu’au bout. Après avoir passé sa vie à lutter pour nos valeurs si importantes et primordialles, ce grand homme a choisi lui même sa fin. Il a fini décrire la dernière page de sa vie et il s’en est allé rejoindre ces aïeux au panthéon des héros, là-bas, dans le Walhalla.
Il a voulu réveiller les consciences, démontrer que seul un acte fort peut avoir une répercution. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela a fonctionné: la flamme qui nous anime tous s’est mise à flamber avec un éclat nouveau. Oui, il a réussi à réveiller notre conscience. Son sacrifice ultime ne sera pas vain, et son geste n’aura pas été inutile, loin de là.

 

Nous mettons cette chanson pour clore ce chapitre, chanson choisi pour honorer Dominique Venner :

La maison est derrière
Le monde est devant
De nombreux sentiers ainsi je prend
A travers l’Ombre
Jusqu’à la fin de la nuit
Jusqu’à la dernière étoile qui luit
Brumes et nuages
Noyés dans l’obscurité
Tout va se mêler
Ohoho tout va….se mêler.

 
Hommage a Dominique Venner dans Célébrations 233153venner-292x300

 

La dernière lettre de Dominique Venner :

Je suis sain de corps et d’esprit, et suis comblé d’amour par ma femme et mes enfants. J’aime la vie et n’attend rien au-delà, sinon la perpétuation de ma race et de mon esprit. Pourtant, au soir de cette vie, devant des périls immenses pour ma patrie française et européenne, je me sens le devoir d’agir tant que j’en ai encore la force. Je crois nécessaire de me sacrifier pour rompre la léthargie qui nous accable. J’offre ce qui me reste de vie dans une intention de protestation et de fondation. Je choisis un lieu hautement symbolique, la cathédrale Notre-Dame de Paris que je respecte et admire, elle qui fut édifiée par le génie de mes aïeux sur des lieux de cultes plus anciens, rappelant nos origines immémoriales.
Alors que tant d’hommes se font les esclaves de leur vie, mon geste incarne une éthique de la volonté. Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. Je m’insurge contre la fatalité. Je m’insurge contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire. Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations.
Le discours dominant ne pouvant sortir de ses ambiguïtés toxiques, il appartient aux Européens d’en tirer les conséquences. À défaut de posséder une religion identitaire à laquelle nous amarrer, nous avons en partage depuis Homère une mémoire propre, dépôt de toutes les valeurs sur lesquelles refonder notre future renaissance en rupture avec la métaphysique de l’illimité, source néfaste de toutes les dérives modernes.
Je demande pardon par avance à tous ceux que ma mort fera souffrir, et d’abord à ma femme, à mes enfants et petits-enfants, ainsi qu’à mes amis et fidèles. Mais, une fois estompé le choc de la douleur, je ne doute pas que les uns et les autres comprendront le sens de mon geste et transcenderont leur peine en fierté. Je souhaite que ceux-là se concertent pour durer. Ils trouveront dans mes écrits récents la préfiguration et l’explication de mon geste.
 
Par Irmin et Brunhilde

 

Publié dans Célébrations | 2 Commentaires »

L’importance d’une activité physique et sportive dans l’évolution de notre jeunesse européenne

Posté par europeanwolf le 25 novembre 2012

Dès le plus jeune âge, les enfants ont besoin de se divertir tout en dépensant leur énergie. De ce fait, ils se développent physiquement et moralement car un sport, qu’il soit collectif ou individuel, entraine la réflexion et l’évolution musculaire. L’activité sportive aide à lutter contre le surpoids et l’obésité qui n’engendrent que la stagnation du corps et de l’esprit. En parents et futurs parents responsables, nous devons apprendre à notre progéniture la nécessité d’une activité sportive, toujours en lien direct avec un entrainement de la pensée (Hugin) et de la mémoire (Munin), afin que dès leurs jeunes âges nos enfants grandissent avec un esprit clair et sain dans un corps sain.

Aujourd’hui, les spécialistes relèvent de nouvelles « maladies » spécifiques aux bambins, telles que l’hyperactivité, l’énervement intensif, l’insociabilité ou la non-confiance en soi dans toutes situations. Ces pseudo-maladies ne sont qu’une alternative pour ne pas dire que l’enfant doit s’investir dans un sport. Ces cas se manifestent généralement pendant la primaire, où l’on essaye le plus possible de canaliser les chérubins. Les enfants inactifs arrivant à l’âge de 12 ans, à leur rentrée au collège développent alors cette hyperactivité, ou cette colère non justifiée et soudaine, qui sont simplement dues à une absence d’activité physique. Le corps humain a besoin de dépenser l’énergie absorbé par l’organisme. C’est un cercle vicieux : Si l’on n’utilise pas cette énergie, elle est transformée en surplus. Ce surplus devient graisse, engendrant le surpoids et la fainéantise. Cette fainéantise suscitant l’inactivité et l’atrophie des muscles. Ce non développement musculaire entraine enfin la faiblesse du corps et de l’esprit.

De plus en plus de gens mollassons parcourent nos rues. Les garçons ne pratiquant pas de sport deviennent trop maigres ou trop gros, et se féminisent en abolissant totalement la virilité de leur attitude ; les filles s’engraissent et s’habillent de façon excentrique pour essayer de plaire à la gente masculine. Tout devient décadent lorsque l’esprit n’est pas entouré d’une enveloppe charnelle saine et pleine de vivacité et d’entrain.

 Tout le monde se plaint de ne voir que très peu de blancs pratiquer le sport de haut niveau, mais se demandent-ils pourquoi ? Peut – être que eux-mêmes auraient pu arriver à un niveau d’excellence si ils n’avaient pas choisi la voix de la facilité et des sorties toujours trop abondantes ou des amis non compréhensifs. Peut-être que ce trait tiré sur cette susceptible carrière sportive a aujourd’hui de grosses conséquences dans la vie débutante de leurs enfants. Peut-être que c’est à cause de cet abandon de jeunesse, qu’à présent, ces parents n’initient pas leur progéniture à une activité sportive. Ces mêmes parents se plaindront ensuite que leurs enfants, en grandissant, deviennent mous et ne se contentent que d’écrans devant leurs yeux pour vivre. Enfin, regrettent-ils leur erreur ? Surement que non, car ils sont bien trop absorbés et influencés par la télévision qui leur prouve que c’est bien mieux de laisser leurs places aux étrangers, car « eux seuls ont des qualités ». Ils ont pour seule qualité le désir de réussir et nous, blancs, nous leur offrons (gratuitement, comme nous savons si bien le faire…) cette opportunité de réussite. Nous nous bannissons nous-mêmes de toutes compétitivités, éliminant ainsi la concurrence.

L'importance d'une activité physique et sportive dans l'évolution de notre jeunesse européenne dans Textes 1382238_m01-300x168

Inculquez à vos enfants, petits cousins ou cousines, neveux et nièces, cet esprit sportif : un esprit de lutte, que tant de blancs ont abolit de leur vie. Pour que plus tard, cette enfance ne se résigne pas et qu’elle puisse faire face aux épreuves difficiles et perfides de la vie. Forgeons-nous un caractère dur, ne lâchant rien malgré la douleur physique ou morale, et nous forgerons ainsi notre descendance à être forte.

Ne soyez pas effrayés à l’idée d’inscrire vos filles à un sport de combat car elles sauront donner les coups avant de les recevoir. N’hésitez pas à les initier à des activités dures qui malmènent le corps, elles évolueront grandes et élancées. Elles deviendront les loups plutôt que les moutons. Vos filles se feront leurs propres opinions sur les personnes et sur les choses. Elles ne seront plus ces femmes naïves et influençables que la société rejette par peltée. Ne transformons pas non plus nos belles filles blanches en hyènes assoiffées de haine. Cela vaut également pour le sexe opposé. La surprotection des garçons a un énorme impact sur leur vie future d’homme. Comme vu précédemment, les garçons n’exerçant pas d’activité sportive n’ont aucune condition physique. Combien sont capables d’enchainer ne serait-ce que dix tractions sans douleur, de rester une petite heure dans le froid sans broncher. Combien d’entre vous, personnes du « sexe fort », peuvent prouver leur force et leur courage en défendant et protégeant leur amie ou leur famille contre agresseurs et intempéries. Cela reste encore un pourcentage infime de la population, malheureusement.

Tout ça pour dire qu’une activité physique et/ou sportive consent à l’intégrité de l’esprit, et donc du corps. C’est l’esprit qui inculque la persévérance et le courage et qui combat la douleur corporelle pour arriver à la résistance des épreuves difficiles.

Nos filles et nos femmes doivent retrouver leur agressivité et leur esprit de guerrières, elles ont aussi le pouvoir de distinguer la haine envers autrui de l’amour d’une mère et d’une épouse. Les garçons et les maîtres de maison doivent réintégrer dans leurs attitudes cette virilité bientôt perdue, qui faisait des hommes, des boucliers protecteurs et sans faille.

Trouver le juste milieu reste la chose la plus dure dans la vie, comme dans l’éducation. N’oublions pas que nous sommes une communauté restreinte et que celà ne doit pas être une barrière à l’accroissement de celle-ci. Combattons ces problèmes mineurs en les intégrant naturellement aux moeurs de nos vies.

Brunhilde

Publié dans Textes | 1 Commentaire »

Conférence à Terre et Peuple par le GUD Lyon: Les indo-Européens

Posté par europeanwolf le 14 octobre 2012

Pas moins d’une quarantaine de personnes s’est réunie à Lyon pour assister à la réunion de l’éminent professeur Monsieur Jean Haudry. Sublime conférence qui avait pour sujet les Indo-européens. Je ne m’amuserais pas à retranscrire la totalité des paroles du professeur tant la foule d’information était grande, et qu’une erreur de ma part est largement possible. Néanmoins vous trouverez ci-dessous un extrait de la conférence. Pour tous les curieux qui veulent en connaître davantage, monsieur Haudry a publié un livre qui sera un parfait bagage pour apprendre l’indo européanisme. Toutes les tranches d’âge étaient présentes a cette réunion, parfait symbole d’une lutte qui a commencer il y a bien longtemps et que nous, jeunes militants, nous assurons une existence et une continuité dans le temps. Le discours a duré presque deux heures, tous les partisans étaient attentifs à la moindre parole et c’est une salve d’applaudissement qui clos ce débat. L’organisation était satisfaisante, et un buffet nous attendait à la fin de la conférence afin de pouvoir échanger nos points de vue, nos questions et nos futures rencontres. Bref, ce fut une très bonne opportunité de revoir certains camarades et d’en rencontrer de nouveaux.

Cette conférence a put être possible grâce à Terre et Peuple et au GUD Lyon, merci à eux.

 Conférence à Terre et Peuple par le GUD Lyon: Les indo-Européens dans Nos actions photo1-249x300

I. – Histoire de la recherche

La recherche sur les Indo-Européens est passée par deux phases opposées. A l’enthousiasme parfois téméraire des premiers temps ont succédé le désenchantement et l’hypercritique:

«Après les espoirs, nourris par les travaux de Kuhn, de Grimm, de Max Müller et de Schrader, que l’étude comparée des vocabulaires permettrait de reconstituer un état de civilisation, on était entré dans une ère de critique et de doute qui menaçait de réduire l’Indo-Européens à la condition de fantôme linguistique: d’une part, on ne voulait plus connaitre d’eux que la langue; d’autre part, l’idée d’une langue commune, dont toutes les autres seraient issues, cédait la place à l’hypothèse de dialectes entre lesquels des affinités auraient existé au départ ou se seraient développées au cours des temps».

Cette position extrême où le scepticisme sur l’existence d’une communauté ethnique aboutit à mettre en doute, contre toute évidence, l’existence d’une communauté linguistique est celle de Trubetzkoy, évoquée dans la conclusion d ‘un précédent volume de la même collection. Il est permis de penser qu’aujourd’hui la recherche sur les Indo-Européens est entrée dans une troisième phase, celle de la critique positive et des certitudes raisonnées.  

II. – Problématique

On ne saurait parler des Indo-Européens comme on parle des Grecs ou des Romains, puisque nous n’avons d’eux aucun texte; par suite, aucun site, aucun monument, aucun objet ne peut leur être attribué sans discussion. Le chercheur ne dispose pas même de témoignages contemporains comme pour les Gaulois, les Germains et les autres «Barbares» connus des Grecs et des Romains. Au départ, l’existence des Indo-Européens n’est pas une donnée, mais une hypothèse au second degré. La première hypothèse est celle d’une langue indo-européenne: comme on l’a rappelé dans L’indo-européen, p. 123, cette hypothèse est la seule qui rende compte des concordances nombreuses, complexes et precises relevées dans la grammaire et le vocabulaire de la plupart des langues d’Europe et de plusiurs langues d’Asie. L’existence d’une langue implique celle d’une communauté linguistique. Mais communauté linguistique n’implique pas nécessairement peuple ou nation: le français est aujourd’hui la langue d’une communauté linguistique dite «francophone» qui, prise dans son ensemble, n’a en commun que la langue. Une situation analogue s’est constituée apres l’éclatement de l’Empire romain d’Occident. Mais peut-on avec quelque vraisemblance faire une telle supposition pour le IIIe millénaire avant notre ère? Tel est en effet le tenne ultime d’une communauté indo-européenne: au début du IIe millénaire apparaissent, déjà bien différenciées, les langues indo-européennes d’Anatolie; or, rien n’indique l’existence d’un vaste empire au IIIe millénaire ou antérieurement. La communauté linguistique indo-européenne ne peut être celle d’un empire ou d’une confédération; c’est nécessairement celle d’un peuple migrateur. Ce peuple, objectera-t-on, peut avoir été le rassemblement éphémère d’individus sans autre lien qu’une commune aventure, et, dans ce cas, il serait vain de rechercher ce qu’ils avaient en commun par ailleurs. Mais une telle supposition se heurte aujourd’hui à l’existence indiscutable d’une phraséologie poétique traditionnelle reflétant une idéologie commune. Et nous verrons que la communauté s’est étendue sur deux périodes de la préhistoire, l’âge de la pierre et l’âge du cuivre. Ce qui nous conduit à la seconde hypothèse, celle d’un peuple indo-européen, dont il reste à déterminer la civilisation, la culture et la nature, ainsi que la localisation dans l’espace et dans le temps.  

III. – Techniques de reconstruction de datation et de localisation 

1. Civilisation matérielle. – Pour déterminer le niveau de civilisation matérielle de ce peuple, en l’absence de témoignage direct, on ne dispose au départ que de la paléontologie linguistique. Cette méthode consiste à attribuer à un peuple la connaissance des êtres, des notions et des objets dont la langue possède la dénomination, et à lui dénier la connaissance de tout ce que son lexique ignore ou ne connaît que par emprunt. Lorsque la langue sur laquelle on opère est elle-même reconstruite, les incertitudes de la reconstruction linguistique s’ajoutent aux incertitudes inhérentes à la méthode. L’absence d’une dénomination peut être due à des causes purement linguistiques. Ainsi, du latin aux langues romanes, le nom du cheval, lat. equus, a été remplacé par caballus sans que pour autant le cheval ait disparu du domaine correspondant avant d’y être réintroduit. La méthode ne peut donc pas s’appliquer aveuglément. Mais, en dépit de ses incertitudes, elle a fourni des indications qui se sont vérifiées, ainsi pour le niveau de la technique métallurgique. Le lexique indique la connaissance du cuivre (*áyes-) , mais non celle du fer, dont la dénomination varie d’une langue à l’autre. Cette indication situe la période finale de la communauté dans l’âge du cuivre, ce qui se vérifie par ailleurs. Cette méthode a été utilisée avec succès pour déterminer le cadre de vie des Indo-Européens, et par là pour situer géographiquement leur habitat primitif.

2. Culture. – Appliquée à la religion, composante essentielle de la culture, cette méthode a donné naissance à la mythologie comparée dont les résultats ont été si décevants qu’encore en 1928 A. Meillet concluait qu’on ne savait rien de la religion indo-européenne, sinon que le culte s’adressait à des dieux «celestes, immortel, donneurs de biens» et à des faits sociaux divinisés. G. Dumézil a montré depuis qu’en cette matière il ne faut pas essayer de superposer des mots, mais comparer des ensembles de faits. Le nom des dieux, des officiants, des rites et des objets du culte diffère d’une langue à l’autre: la religion romaine et la religion grecque n’ont guère en comun qu’un nom divin signifiant étymologiquement «le Père Ciel», Jupiter = Ζευς (πατηρ), mais le dieu qui le porte n’est pas la personnification du ciel; le nom de Junon ne concorde pas avec celui d’Héra et l’Apollon romain n’est que l’emprunt de l’Apollon grec. Paradoxalement, ce n’est pas dans les textes religieux que sont apparues les concordances essentielles. A Rome, chez les Germains, chez les Celtes, la tradition s’est conservée sous forme de légende épique ou d’histoire légendaire. C’est seulement en Inde et en Iran que nous s0nt conservés des textes religieux antérieur à l’épopée et à l’histoire; plus explicites par nature, ces textes ont donné la clé de la pense religieuse des Indo-Européens et permis d’utiliser les autres documents. Il est apparu que la base des conceptions religieuses indo-européennes était la répartition des activités divines et humaines en trois fonctions cosmiques et sociales: s0uveraineté magico-religieuse, guerre, production et reproduction. Figées en castes dans la sociéte indienne qui se divise en pretres, guerrieres et producteurs, les trois fonctions sous-tendent non seulement une foule de légendes épiques ou semi-historiques (l’épopée indienne, l’histoire des premier temps de Rome, les Sagas celtiques et islandaises), mais encore l’organisation du panthéon des divers peuples indo-européens, chez qui on retrouve des dieux de même fonction suos des noms differents: la souveraineté magico-religieuse est l’apanage de Jupiter et de Fides à Rome, de Varuna et de Mitra dans l’Inde védique, d’Odin et de Tyr en Islande; la fonction guerrière appartient respectivement à Mars, à Indra, à Thor; la fonction productive à Quirinus, aux Aśvin, à Freyr et Freya. Ces triades fonctionnelles ne sont pas des constructions de l’esprit: la triade Jupiter-Mars-Quirinus est attestée dans la Rome royale et chez ses voisins ombriens; la triade indienne formée par la couple Mitra-Varuna, Indra et les Aśvin (nommés aussi Nâsatya) l’est dans un traité entre le souverain indien du Mitanni et l’un de ses voisins; la triade nordique était honorée au temple d’Upsal. Et la conception trifonctionnelle est si profondément enracinée dans la mentalité des peuples indo-europeens que, par-delà l’Empire romain, elle resurgit dans l’organisation de la société médiévale en oratores (clergé), bellatores (noblesse), laboratores (tiers état). La méthode de G. Dumézil, la «nouvelle mythologie comparée» (5), vaut donc non seulement pour la religion mais pour l’ensemble des institutions; il y à plus d’un siècle, Fustel de Coulanges montrait, dans La cité antique, l’unité profonde du droit public et privé et de la religion. On peut aujourd’hui mesurer la fécondité de cette méthode au nombre impressionnant de concordances qu’elle a permis de découvrir entre les systèmes conceptuels, les schémas narratifs, les institutions, etc., en l’absence de dénominations communes. La méthode étymologique retrouve ses droits dans le domaine du formolaire poetique traditionnel: depuis un siècle, chaque année apporte sa moisson toujours plus riche de rapprochements entre formules du Véda et de l’Avesta, kenningar germaniques, épithètes homériques, etc.; et ce formulaire est porteur d’une idéologie que nous aurons souvent l’occasion d’évoquer ci-dessous.

3. Peut-on restituer l’état politique et social réel? – On ne doit jamais perdre de vue que toutes ces reconstructions permettent d’atteindre uniquement l’image que les Indo-Européens se faisaient d’eux-mêmes, non de la réalité des faits et des structures. Ainsi, comme l’a indiqué G. Dumézil, rien ne permet d’affirmer que la population était effectivement divisée en trois classes fonctionnelles et si, dans ce cas, il existait entre elles une certaine mobilité. On ne peut donc reconstruire que des modèles probables, en tenant compte de la reconstruction de l’idéologie et en confrontant les modèles attestés à date historique, dont certains présentent effectivement des concordances significatives. Mais en définitive le modèle reconstruit ne prend réellement consistance qu’une fois identifié sur le terrain. Ici, comme pour tout ce que concerne la civilisation matérielle, le dernier mot appartient nécessairement aux archéologues.  

IV. – L’identification archéologique et anthropologique

L’utilisation conjointe de toutes cet indications permet de poser correctement le problème de l’identification archéologique du peuple indo-européen, c’est-à-dire de l’attribution à ce peuple de tel ou tel site archéologique connu. La datation du divers sites qu’on lui attribue permet de reconstituer ses deplacements: par là, on apporte un début de solution au vieux problème de l’habitat originel. A ce dossier, il convient de joindre les indications externes, qui témoignent des rapports, ou peut-être d’une parenté, entre la communauté indo-européenne et d’autres peuples. Un champ immense, encore peu exploré, s’ouvre à la recherche. C’est en tout dernier lieu qu’il est possible de s’interroger sur l’identification anthropologique du peuple indo-européen; la morphologie des squelettes retrouvé dans le sites qui lui sont attribués permet de le situer par rapport aux races définies par l’anthropologie physique, et de contrôler les indications fournies par les textes et les documents figurés sur l’apparence physique de ses descendants.

V. – Caractère et mentalité

Il est difficile de tracer un portrait moral des Indo-Européens, c’est-à-dire de déterminer les constantes de leur caractère, mais il est facile de connaître leurs idéaux, grâce au formulaire poétique traditionnel, véhicule naturel de l’idéologie, et grâce aux noms de personnes: nomen omen, le nom qu’on donne à un enfant indique ce que l’on attend de lui. Enfin, le problème de la mentalité a été posé à partir des données linguistiques: le débat sur l’existence de noms abstraits dans la langue met en cause la faculté d’abstraction des sujets parlants; le caractère récent des conjonctions de subordination, qui fait conclure à l’inexistence de la phrase complexe en indo-européen, a été interprété comme l’indice d’une pensée rudimentaire. Une réflexion nouvelle sur le sens de l’évolution linguistique permet de reconsidérer ces conclusions. A partir de la base linguistique de l’étude, idéaux et mentalité sont ainsi les éléments les plus directement accessibles; c’est par eux que nous commencerons.

Par Brunhilde

Publié dans Nos actions | 2 Commentaires »

Nibelungen

Posté par europeanwolf le 14 septembre 2012

Les Nibelungen

 Nibelungen dans Textes gt-3-sigfried-leaves-214x300

« La version la plus complète et la plus belle, sinon la plus ancienne, de cette légende est certainement la Chanson des Nibelungen (Nibelungenlied). Le poème, qui comprend 3.379 strophes – de quatre vers chacune – réparties en trente-neuf «aventures», a été composé en Autriche peu après l’an 1200. Le succès en fut immédiat et durable, comme l’attestent environ trois douzaines de manuscrits ou bien de fragments de manuscrits conservés. Après avoir reçu auprès de ses parents l’éducation d’un chevalier courtois, Siegfried se rend à Worms pour y briguer la main de Kriemhild, la soeur des rois burgondes (Gunther, Gernot, Giselher), dont il a entendu célébrer la beauté. Reconnu dès son arrivée à Worms par Hagen, l’un des vassaux des rois, qui rappelle comment il s’est emparé du trésor des Nibelungen et de la chape qui rend invisible, comment il s’est rendu invulnérable en se baignant dans le sang d’un dragon qu’il venait de tuer, Siegfried n’est cependant admis à se présenter devant celle qu’il aime qu’après avoir aidé les Burgondes à triompher des Saxons et des Danois. Un marché est alors conclu entre Gunther et Siegfried: celui-ci accordera au preux étranger la main de sa sœur Kriemhild, à condition qu’il l’aide à conquérir Brünhild, la vierge guerrière qui règne sur l’Islande. Grâce à la chape magique, Siegfried se substitue à son ami et triomphe dans les épreuves sportives que Brünhild impose à ses prétendants. Un double mariage est alors célébré à Worms, mais une nouvelle fois, Siegfried doit intervenir pour mater Brünhild, la mariée rebelle; au cours de la lutte, il lui enlève sa ceinture et son anneau, qu’il a le tort de remettre à Kriemhild. Ensuite, accompagné de son épouse, il retourne dans son pays. Dix ans plus tard, Siegfried et Kriemhild retournent à Worms où une violente querelle ne tarde pas à éclater entre les deux reines. Brünhild traite sa belle-soeur de serve – en Islande, Siegfried s’était fait passer pour le vassal de Gunther – mais elle est réduite au silence quand Kriemhild lui montre la ceinture et l’anneau qui lui avaient été dérobés au cours de la nuit des noces, et qu’elle l’accuse publiquement d’avoir été la «concubine» de Siegfried. Humiliée, Brünhild ne songe plus qu’à se venger, et Hagen lui promet son aide. Ayant obtenu par ruse que Kriemhild elle-même lui indique le seul 1’endroit où Siegfried est demeuré vulnérable, il organise, avec l’assentiment de Gunther,une partie de chasse dans l’Odenwald et, traîtreusement, il tue Siegfried. Devant le corps de son époux, Kriemhild exhale sa haine contre les meurtriers. Mais il lui faudra attendre de longues années avant d’avoir la possibilité de se venger. C’est ce désir qui lui fait accepter la demande en mariage d’Etzel, le roi des Huns. Elle se rend au pays des Huns et épouse Etzel dont elle a un fils, Ortlieb. Mais elle n’a pas oublié Siegfried, et elle obtient d’Etzel qu’il invite les rois burgondes. Malgré les avertissements de Hagen, ceux-ci acceptent l’invitation, et ils ne rebroussent pas chemin quand les ondines du Danube leur annoncent le destin funeste qui les attend. Arrivés à Etzelburg, ils sont bien accueillis par Etzel lui-même, mais tout dans les paroles et dans le comportement de Kriemhild les incite à se tenir sur leurs gardes; Hagen, de son côté, s’emploie à exaspérer Kriemhild par son insolent orgueil. Quand il apprend que les valets des Burgondes ont été massacrés, il tranche la tête du jeune fils de Kriemhild, et les combats se déchaînent. Les six dernières aventures relatent longuement la résistance héroïque que les Burgondes opposent aux assauts répétés de leurs ennemis. Finalement ne restent en vie du côté des Burgondes que Gunther et Hagen. Vaincus à leur tour par Dietrich von Bern, ils sont mis à mort par Kriemhild, tuée elle-même par Hildebrand, le vassal de Dietrich. Aux rares survivants, il ne reste plus qu’à pleurer les morts en une longue Plainte (Klage). 

1. Caractères généraux 

La Chanson des Nibelungen passe à juste titre pour un des chefs-d’oeuvre de la littérature allemande au Moyen Âge. L’auteur a su équilibrer les deux parties de son récit, tout en en maintenant l’unité; il a réussi d’admirables tableaux (Hagen montant la garde avec son ami Volker, refusant de se lever à l’approche de Kriemhild); en artiste consommé, il a su tirer parti des ressources que lui offrait le recours aux leitmotive à valeur symbolique (trésor des Nibelungen, épée de Siegfried…), aux rêves et aux avertissements prémonitoires. Sans doute a-t-il voulu adapter les vieilles légendes à l’esprit de son temps: il s’est appliqué à donner à son poème un vernis courtois en présentant Siegfried comme un soupirant timide, selon la meilleure tradition du Minnesang, en multipliant les descriptions de fêtes avec leur étiquette rigoureuse, avec leur déploiement de luxe. Mais la matière qu’il avait à traiter se prêtait mal à cette stylisation courtoise, et lui-même avait sans doute trop le sens du tragique inhérent à la condition humaine pour accepter d’édulcorer les données de l’antique fable. Dieu demeure étrangement lointain dans son poème: le destin, l’implacable wurd des vieux Germains, y assume sa place et il pousse à leur perte, conjointement, avec la démesure qui souvent les caractérise, les protagonistes de ce drame. Dans le déchaînement des passions, même ce chevalier irréprochable qu’est Rüdiger ne peut échapper à la mort, et Dietrich, le roi juste et mesuré, n’arrive pas à faire entendre la voix de la raison. Il y a un abîme entre la «détresse des Nibelungen» (der Nibelunge not: ce sont là les derniers mots du manuscrit B) et la conclusion optimiste, digne des contes de fées, qui caractérise le roman arthurien. 

2. Les sources immédiates 

Les vieux récits, source du poème du XIIIe siècle, quels étaient-ils? Sous quelle forme étaient-ils parvenus à l’auteur – anonyme – de la Chanson des Nibelungen? On admet en général que les sources étaient de nature différente pour la première et pour la deuxième partie du poème. Pour la première partie, l’auteur s’est sans doute inspiré de chants assez brefs qui relataient les exploits du jeune Siegfried, de même que sa mort. On en retrouve l’écho partiel dans un poème fort médiocre du XIVe siècle, le Seyfriedslied. Le récit de la mort des rois burgondes, en revanche, aurait déjà subi vers 1160 – sans doute sous l’influence des chansons de geste – un premier «élargissement épique»; il y aurait eu une première épopée (non conservée), connue sous le nom de Ältere Not. Ces théories tirent leurs arguments essentiels de la Thidrekssaga (compilation norvégienne, vers 1260) dont l’auteur, selon ses propres dires, s’est ingénié à grouper autour d’un personnage central, Dietrich von Bern, les légendes alors en vogue en Allemagne. Or le récit de la vie et de la mort de Siegfried ne prend que quelques pages, alors que la mort des rois burgondes est relatée avec un luxe de détails caractéristique d’une épopée. L’auteur de la Thidrekssaga pouvait certes connaître la Chanson des Nibelungen, mais entre son récit et le poème allemand les divergences sont telles qu’on est enclin à penser qu’il s’est inspiré de textes plus anciens, en particulier de la Ältere Not. 

3. Les témoignages nordiques 

I l peut paraître singulier qu’antérieurement à la fin du XIIe siècle les légendes du cycle des Nibelungen aient laissé si peu de traces en Allemagne: tout au plus peuton signaler la présence de Gunther et de Hagen dans un poème latin du début du Xe siècle, le Waltharius. Cela se comprend cependant, car les poèmes qui les relataient ne se transmettaient que par la tradition orale, et il ne s’est trouvé personne pour les noter. Mais, d’Allemagne, ces légendes étaient passées dans les pays scandinaves et, grâce à l’Islande, on possède des documents dont les plus anciens remontent sans doute au IXe ou au Xe siècle. L’abondance de ces textes met en lumière le prestige dont jouissaient les légendes dont les héros étaient Sigurd (Siegfried), Brynhild, Gudrun (Kriemhild), Gunnar (Gunther), Högni (Hagen), Atli (Etzel). Bragi, le plus ancien des scaldes norvégiens connus, y fait déjà allusion vers 850; la plupart des chants de l’Edda s’en inspirent; Snorri Sturluson en donne un bref résumé dans son Edda en prose; elles sont relatées avec force détails dans la Völsungasaga et, dans certaines régions, les ballades populaires en ont gardé le souvenir jusqu’à l’époque moderne. Entre les versions nordiques et la Chanson des Nibelungen, on relève des divergences sensibles. Les différences portent surtout sur la première partie. Les pays scandinaves rattachent la légende de Sigurd au monde des dieux de la mythologie germanique: ils font descendre la lignée dont est issu Sigurd d’Odin lui-même; c’est là que l’on trouve le motif de la malédiction attachée à l’or dont les dieux dépouillent le nain Andvari et dont Sigurd s’empare après avoir tué le dragon Fafnir. Ils mettent de plus en plus l’accent sur cette mystérieuse Brynhild – parfois présentée comme une fille d’Odin –, sur l’amour qu’elle porte à Sigurd, sur le dépit qu’elle ressent à le voir marié à une autre. On aboutit ainsi à une sorte de «roman de Brynhild» dont les traits essentiels sont les suivants: Sigurd et Brynhild se rencontrent une première fois et échangent des serments d’amour, mais un philtre que lui verse la mère des rois burgondes fait que Sigurd oublie ces serments et épouse Gudrun. Il aide ensuite son beau-frère Gunnar à conquérir Brynhild que protège un rempart de flammes; pour cela, il change d’aspect avec Gunnar, s’introduit auprès de Brynhild dont il partage la couche durant trois nuits. Sans cesser d’aimer Sigurd, Brynhild devient ainsi la femme de Gunnar. Mais plus tard, quand au cours d’une querelle entre les deux reines la supercherie est découverte, elle exige que Sigurd soit mis à mort, puis elle monte elle-même sur le bûcher. La différence la plus frappante entre la Chanson des Nibelungen et les versions nordiques porte sur la deuxième partie. Dans le poème allemand, Kriemhild, avide de venger la mort de Siegfried, attire ses frères au pays des Huns et les fait périr; dans les textes nordiques, au contraire, il n’y a nul lien de cause à effet entre la mort de Sigurd et celle de ses beaux-frères: c’est Atli qui invite traîtreusement les Burgondes à lui rendre visite et, malgré les avertissements de ses guerriers, Gunnar accepte l’invitation, mais à peine arrivés auprès d’Atli, les Burgondes sont maîtrisés, Högni est mis à mort, Gunnar jeté dans la fosse aux serpents où il périt. Gudrun, qui avait cherché en vain à prévenir ses frères du sort qui les attendait, venge alors leur mort de façon particulièrement cruelle: elle sert à Atli un véritable «festin d’Atrée» (les deux fils nés de leur union), quis elle met le feu à la salle des banquets; les Huns, Atli et Gudrun elle-même périssent dans les flammes.  

4. Genèse des légendes 

On trouve ce récit dans un des plus anciens poèmes de l’Edda, le Chant d’Atli (Atlakvida). Ce texte, composé sans doute au Xe siècle, a conservé plus fidèlement que la Chanson des Nibelungen les données premières de la légende, et il est possible, en partant de lui, d’entrevoir comment des événements historiques du Ve siècle ont pu donner naissance à celle-ci. En 437, les Burgondes établis dans la région de Worms sont défaits et en partie exterminée par les Huns; leurs rois eux-mêmes périssent. Les survivants s’établissent alors en «Bourgogne», et un document du début du Ve siècle, la loi Gombette, a conservé les noms de leurs anciens rois: ce sont, à peu de chose près, ceux qu’on trouve dans la Chanson des Nibelungen et dans les textes scandinaves. Quelques années plus tard, Attila meurt au cours d’une nuit passée auprès d’une concubine dont le nom, Hildico, semble indiquer une origine germanique. La légende a établi entre ces deux faits une relation de cause à effet: Hildico a tué Attila pour venger la mort de ses frères, les rois burgondes. S’il est donc relativement aisé de déceler les origines de cette légende, il est plus difficile de dire comment se sont formées celles dont Siegfried est le héros. Était-il à l’origine un être mythique dont le destin symboliserait successivement la victoire de la lumière sur les ténèbres (combat avec le dragon), puis la revanche des forces du mal (mort de Siegfried)? S’agit-il d’un personnage de contes populaires qui serait devenu héros de légende? Ou bien ces récits – comme celui de la mort des rois burgondes – remontent-ils en dernière analyse à des événements historiques? Faut-il y voir l’écho des démêlés sanglants entre Brunehaut (Brünhild), l’épouse du roi d’Austrasie Sigebert, et Frédégonde? Siegfried est-il le chef chérusque Arminius, dont la victoire sur les légions romaines de Varus aurait été présentée sous la forme mythique d’un combat avec un dragon, alors que le récit de sa mort se serait maintenu sur le plan purement humain? De toutes ces thèses, aucune n’a réussi à s’imposer. Une seule chose paraît assurée: dans toutes les versions, Siegfried est présenté comme le beau-frère des rois burgondes; sa légende n’a donc pu prendre sa forme définitive qu’à un moment où la légende de leur mort était déjà connue, soit au VIe siècle, c’est-à-dire en pleine époque mérovingienne. Et n’est-ce pas une «atmosphère mérovingienne » que l’on respire dans ces récits où les trahisons, les meurtres au sein d’une famille royale jouent un si grand rôle? Cependant, l’unité entre les deux légendes n’a été réalisée qu’à partir du moment (au VIIIe ou au XIe siècle?) où un poète allemand, par un trait de génie, présenta la mort des rois burgondes comme une conséquence directe de l’assassinat de Siegfried. Après une période d’oubli relatif au XVIIe et au XVIIIe siècle, la légende des Nibelungen a retrouvé son prestige à l’époque romantique. Depuis lors, les éditions de textes, les traductions, les études se sont multipliées; les poètes se sont emparés de ce beau sujet et se sont employés à faire revivre les vieilles légendes. La plupart de ces oeuvres modernes ne présentent d’intérêt que pour le spécialiste. Deux d’entre elles seulement ont touché un public plus vaste. Suivant de près la Chanson des Nibelungen, F. Hebbel a voulu «mettre le poème à la portée de la nation, sous une forme dramatique ». Mais c’est évidemment par la Tétralogie de Richard Wagner que le monde entier connaît maintenant la tragique histoire de Siegfried et des rois burgondes. »

Publié dans Textes | Pas de Commentaires »

Près du feu calvaire

Posté par europeanwolf le 26 mai 2012

                       Près du feu calvaire dans Chants et Poèmes Wandervogel
 
Tard, tard dans la nuit sombrèrent les étoiles allemandes,
Un rayon sanglant flambe loin en bordure du ciel,
Et notre rêve de grandeur, notre rêve si fier,
Fut réduit à néant et sombra dans le vide lointain.
 
L’édifice qui nous enchantait tomba en ruines,
Ce qui était notre bonheur, notre aspiration, s’effondra :
Devant nous l’abîme, derrière nous l’opprobre,
Et près de nous, le présent si lourd et si amer.
 
Embrasé par les flammes sauvages de l’insurrection,
Notre propre pays – et chassé par les coups de fouet de la haine,
Comme une sinistre marée autour du rocher qui se dresse solitaire,
De l’Ouest et de l’Est, le monde s’écroule sur nous.
 
Flambe haut et clair, toi, le signe de la liberté allemande,
Elance-toi de la nuit et de l’obscurité, flamme pure ;
De ta tour solitaire et lointaine, envole-nous ta lumière,
Pour que les fantômes de la nuit, effrayés, disparaissent !
 
Nous levons nos mains unies en un cercle fermé :
Braise de la flamme sacrée, scelle notre serment,
Qui tel un bloc d’airain, malgré la fureur slave,
Sera fidèle à la terre natale jusqu’à la fin.
 
Jusqu’à la fin joyeuse, lorsque sera arraché à l’ennemi
Le dernier sillon que le paysan allemand a tracé ;
Point de repos, point de répit, jusqu’à l’aube grise ;
Et s’il le faut, savoir mourir joyeusement !
 
Que les dieux nous aident  et que soit forte notre défense !
La tempête s’engouffre dans le pays par l’Ouest
Ô flamme ! Elance-toi, brille de tout ton éclat,
Nous te protégeons, nous veillons à l’honneur de l’Allemagne !
 
Debout donc, et en avant ! Tenons fermement les fusils !
Même si les lourds nuages de la tourmente s’accrochent aux monts,
C’est un chant viril ! Consolez-vous, la nuit passera,
Et il faudra bien que le soleil revienne !
 

Poème avant la consécration de la centurie des Wandervögel à Rogau (25 mars 1919)

 
 

Publié dans Chants et Poèmes | Pas de Commentaires »

Crime du sang: la malédiction des Atrides

Posté par europeanwolf le 7 mai 2012

Festin de Tantale: à l’origine du destin funeste de la maison

Tantale, roi de Lydie et l’un des nombreux fils illégitimes de Zeus, c’est le seul bâtard aussi bien traité par les dieux de l’Olympe. Il participe à leurs banquets et les dieux ont accepté d’assister à un de ses banquets royaux. Il présente alors comme plat principal son fils sacrifié (Pélops), bouilli dans un chaudron. Semblant motivé, soit par la haine des dieux et tient à leur donner une leçon ( l’horreur du cannibalisme ); soit par la volonté de s’émanciper du pouvoir des dieux en montrant comment on pouvait les abuser, en faisant preuve d’hybris. Mais les dieux ne se laissent pas tromper, ils ont puni sa démesure et son infanticide. Tantale est condamné à vivre dans l’Hadès, au milieu d’un cours d’eau au dessus duquel tombent des branches d’arbres fruitiers, sans pouvoir ni boire ni manger tandis que la soif et la faim le taraudent.

Unique destin placé sous la bénédiction des dieux

Après avoir été sacrifié par son père, Pélops est ramené à la vie par les dieux. Il possède une épaule d’ivoire qui remplace celle malencontreusement mangée au cours du festin de Tantale.Il s’éprend d’une princesse, Hippodamie,  avec qui il aura un mariage heureux.

Le roi, père d’Hippodamie, impose à tous ses prétendants une course de chars contre le sien, tiré par des chevaux puissants offerts par Arès, dieu de la guerre. La défaite du prétendant signifie sa mort. Pélops ayant reçu comme présent de Poséidon des chevaux tous aussi puissants, il remporte la course et épouse la princesse.

Ce mariage heureux est peut-être dû à l’intervention divine ou à celle d’Hippodamie, amoureuse, qui a soudoyé l’écuyer du roi, Myrtile. Pélops tuera plus tard Myrtile.

Second crime contre les dieux

Niobé est la fille de Tantale et la sœur de Pélops. Riche, belle et puissante: elle se marie avec Amphion, fils de Zeus et musicien incomparable dont le frère jumeau s’appelle Zéthos. Les deux jumeaux cherchent à fortifier Thèbes à l’aide de pacerelles et de plusieurs remparts. Mais l’un des deux a été jugé le plus digne de régner sur Thèbes, Amphion, avec Niobé. C’est grâce à sa musique sortie de sa flûte ensorcelante, il incite les pierres des remparts à se placer d’elles-mêmes. Tous deux engendrent une nombreuse décendence: sept belles filles et sept beaux garçons.

Niobé, à la tête d’une cité puissante, exige d’être vénérée comme une déesse et de remplacer le culte de la déesse, Léto, par le sien. Encore une fois, la démeusure galope dans les destins familiaux, l’hybris les hantent.  Artémis, grande déesse de la chasse, et Apollon, dieu de la musique et de la poésie, la condamnent en tuant par des flèches tous ses enfants. De chagrin, elle devient pierre versant des torrents de larmes pour l’éternité.

La malédiction d’Atrée et de Thyeste

Atrée est le fils de Pélops et roi. Thyeste, son frère, s’éprend de sa femme qui se laisse séduire. Atrée fait alors le serment d’un châtiment sur Thyeste: ses deux petits enfants sont égorgés, coupés en petits morceau et servis à manger à leur père.

Thyeste, épouvanté, appelle à une seconde malédiction sur la famille. Le crime d’Atrée est puni par l’existence atroce de ses descendants (étant roi, il était intouchable). Ses enfants se déchireront pour cause de pouvoir, de richesse, ou encore de jalousie.

La rupture du cercle vicieux ?

Le déchirement entre Agamemnon et sa femme Clystemnestre: joie hypocrite du retour d’un mari, assassinat d’Agamemnon par sa femme avec l’aide de son fils, Egisthe.

La vengeance d’Oreste, second fils d’Agamemnon et de Clystemnestre: confusion entre la vengeance de la mort de son père, et la reconnaissance, l’amour et la loyauté pour sa mère. Oreste consulte l’oracle et tue finalement les deux meurtriers de son père, Egisthe et Clystemnestre, à l’aide de son cousin Pylade.

Le jugement des dieux, volonté d’expiation d’Oreste: multiples hallucinations de femmes à cheveux de serpents, errance et souffrance pendant de longues années. Tout crime est passible d’une expiation. Tourmenté par son crime, et sur l’ordre d’Apollon, Oreste se repentie auprès d’Athéna, déesse de la sagesse et de la guerre.

La miséricorde des dieux tient à deux choses: il est le seul de maison d’Atrée à à avoir souffert du meurtre qu’il a commis et le seul à se repentir. La malédiction sur la maison d’Atrée prend donc fin.

Malheureux destin d’Electre, fille d’Agamemnon et de Clystemnestre: épargnée par Egisthe lors de l’assassinat de son père, fidèle à sa conception de la famille et de la justice, elle attend désespérément le retour d’Oreste afin que l’affaire se termine sur la vengeance exigée. Elle finit par se marier avec son cousin Pylade.

Par Brunhilde

Publié dans Textes | Pas de Commentaires »

 

cgtvilledemartiguescapm |
100pour100chat |
starzia |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | sixgiga
| ashortsharpshockonabigblagblog
| lesserveurs