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Semaine Germanique

Posté par europeanwolf le 18 août 2013

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Lundi :

Dans le cas du Lundi tout comme pour le dimanche, l’analyse étymologique des différentes langues germaniques montre de manière claire et nette que le Lundi était dédié à la lune. Voici quelques exemples:
– en anglais Monday vient de l’ancien anglo-saxon « mōndæg », qui signifie « jour de la lune »
– en allemand Montag vient du vieux-haut-allemand « mānetag », qui signifie « jour de la lune »
– en néerlandais Maandag vient du moyen-bas-allemand « mānendach », qui signifie « jour de la lune »
– en vieux-frison « mōnadeig », signifie « jour de la lune »
– en norvégien Måndag vient du norrois « mánadagr », qui signifie « jour de la lune »
– en islandais Mánudagur vient du norrois « mánadagr », qui signifie « jour de la lune »
Dans le monde romain, le Lundi vient du latin « lunae dies » qui signifie lui aussi « le jour de la lune ».

Pour la figure mythologique masculine Mani, personnification littéraire de la lune dans les Eddas, valent les mêmes remarques que pour Sunna-Sól (voir le « dimanche »). Ici aussi il semble s’être produit un glissement linguistique des genres. On peut donc accorder selon toute probabilité que la figure divine originelle de la lune était féminine, et non masculine. Les études comparatives indo-européennes tendent fortement à conforter cette théorie.

Le symbolisme de la lune se rattache à la troisième fonction indo-européenne, celle de production-reproduction. Dans le panthéon germano-nordique cette fonction est principalement sous la gouverne des Dieux et Déesses Vanes. La symbolique rattachée à la lune comporte cependant une nuance qui la différencie de la plupart des Divinités chtoniennes de la fonction production-reproduction. Ces Divinités relèvent de forces divines liées à la terre et au monde sous-terrain, alors que la lune relève de forces célestes.
La lune avec ses aspects changeants, règne sur un monde d’obscurité, de ténèbres et de mystères. L’obscurité nous renvoie ici au monde occulte de la connaissance cachée, celle qui se transmet de génération en génération, véritable miroir d’un âge d’or perdu. L’aspect féminin lié à la lune se retrouve dans une image bien connue: un cycle de menstruation chez les femmes est de 28 jours, celui du cycle lunaire est de 28 jours également. Rien n’est dû au hasard, tout est relié, et le fait qu’un parallèle si fort puisse exister entre la femme et la lune relève d’une connaissance mystique très ancienne.

Dans la tradition populaire germanique il existe la conception que tout ce qui doit germer et croître, doit être commencé ou être réalisé pendant la phase de la lune croissante. Ceci concerne aussi bien le travail de la terre que les grands changements dans la vie. Les enfants nés pendant la lune croissante avaient la réputation d’avoir une croissance particulièrement heureuse. De plus, le rituel pendant lequel les anciens donnaient officiellement un nom à l’enfant, se tenait de préférence pendant la période de lune corissante. Une certaine force relie aussi la lune et certaines plantes médicinales, qui ont des vertus plus prononcées lors de cette même phase lunaire. Les anciennes traditions du folk-lore (sagesse populaire) prêtaient à la lune des pouvoirs curatifs bien spécifiques.
La même conception se retrouve dans le monde agricole où les semences de certains légumes devraient se faire en période de lune croissante. Il est intéressant d’ailleurs de relever au passage que le sagesse populaire dit que les légumes qui grandissent dans la terre devraient être plantés avec la lune décroissante, alors que les légumes qui grandissent à l’air libre devraient être plantés pendant la lune croissante. Cette relation est très instructive car elle tend à démontrer une relation entre « décroissant » et « terre » (aspect chtonien), et une relation entre « croissant » et « céleste ».
La nouvelle lune et la pleine lune étaient quant à elles considérées de deux manières différentes: tantôt comme le début d’une lune croissante, donc comme un symbole chargé de forces positives, tantôt comme la fin d’une lune décroissante, donc chargée de forces négatives.

Ce double aspect de la lune se reflète parfaitement dans la croyance populaire germanique liée au Lundi. Si le Lundi est en période de lune croissante, alors toute nouvelle entreprise durable sera enrichie d’une croissance certaine. Par contre il est fortement déconseillé d’entreprendre quoique ce soit en phase de lune décroissante. Il était entre autres recommandé de ne pas faire de transactions monétaires ce jour-là ; il valait donc mieux ne rien acheter un Lundi. Ce dernier aspect a très sûrement influencé certaines régions qui ont fait du Lundi un jour de mauvaise augure, réputation qui perdure jusqu’à nos jours.

Mardi :

Le mardi dans les traditions germano-nordiques est dédié au Dieu Tiwaz-Týr. Ce Dieu avant d’être détrôné par Wodan-Odin lors des grandes migrations, était celui de la fonction souveraine, la première fonction indo-européenne. Son étymologie se rattache aux autres grands Dieux souverains des Indo-Européens: Zeus (Grecs), Jupiter (Romains), Teutatès (Celtes), Dyaus Pitar (Indo-Aryens). Ces étymologies indo-européennes renvoient à la notion de « Père céleste du Jour ». C’est ce nom antique qui a donné des termes modernes comme diurne, dieu, día. Chez les Germains son nom se retrouve sous plusieurs formes: Tiwaz (proto-germanique), Tiw (anglo-saxon), Tius / Ziu (Germains continentaux du sud), Týr (Germains septentrionaux – Vikings).

L’inscription du célèbre altar frison avec l’inscription dédiée à Mars Thingsus démontre la relation qui existait entre le Dieu Tiwaz et le Thing (voir lien à la fin). Ce Thing, écrit normalement « þing » (Th=þ), était le terme pour désigner les rassemblements sacrés des Germains pendant lesquels se réglaient les affaires de justice de la communauté. Le grand rassemblement de plusieurs clans se nommait quant à lui « Allthing ». Les questions juridiques étaient débattues pendant ces þing jusqu’à ce que les hommes libres et les nobles du clan décident de la sentence à rendre. C’est ainsi donc que la souveraineté du þing sacré était complètement vouée au Dieu Tiwaz-Týr. Ce mot de þing a de plus une relation étroite avec les termes modernes de Thing (en anglais) ou Ding (en allemand). Ces termes se traduisent par le mot français « chose ». Pour dire qu’on traitait les affaires de justice, on disait avant qu’on allait traiter les « choses du þing », et c’est ainsi que le mot « þing » et le mot « chose » ont fusionné dans les langues germaniques.

Mais revenons à présent au Mardi et à ses différents noms dans les langues germaniques:
– Dienstag en allemand vient du moyen-bas-allemand « Dingesdach », qui signifie « le jour du þing »
– Tuesday en anglais vient de l’ancien anglo-saxon « Tiwesdæg », qui signifie « le jour de Tiw »
– Zischtig dans les dialectes du sud de l’Allemagne vient de l’alaman et du vieux-haut-allemand « Ziostag », qui signifie « le jour de Ziu »
– Tirsdag en danois vient du norrois « Tysdagr », qui signifie « le jour de Týr »
– Tysdag en norvégien vient du norrois « Tysdagr », qui signifie « le jour de Týr »
– Dinsdag en néérlandais vient du moyen-bas-allemand « Dingesdach », qui signifie « le jour du þing »

Les Romains dans leur interpretatio romana avaient comparé le Dieu Tiwaz-Týr à leur Dieu de la guerre Mars. C’est la raison pour laquelle le Mardi dans les langues latines vient de « Dies Martis » qui signifie le jour de Mars.

Chez les Germains le Mardi était donc le jour pendant lequel on préférait régler les affaires juridiques. Cette conception s’est maintenue très longtemps étant donné qu’encore au 19è siècle dans certaines régions, les gens qui devaient passer en justice souhaitaient le faire un Mardi. Certains refusaient même un jugement qui ne soit pas rendu un Mardi. Cela remonte bien-sûr à l’ancienne notion du þing pendant laquelle le Dieu Tiwaz-Týr pouvait donner la victoire dans les questions juridiques. Les mariages aussi étaient favorables s’ils étaient célébrés un Mardi. Ici c’est particulièrement l’aspect contrat du mariage qui est favorisé par le Dieu. Commencer un nouvel office un Mardi était recommandé par la sagesse populaire, car tout ce qui est initié par un contrat tombe sous la protection de Tiwaz. On croyait aussi qu’il fallait commencer les travaux des champs ou du jardin un Mardi. De plus, le temps qu’il fait le premier Mardi du mois, est celui qui indique le temps qu’il fera le reste du mois. Dans cette dernière sagesse populaire, on retrouve la très ancienne conception du Dieu Tiwaz dans son aspect souverain de « Père du ciel ».

Après avoir bouclé ainsi tous les jours de la semaine dans la tradition germanique, il est à remarquer au passage que tous les noms de la semaine font référence à des forces célestes. À aucun moment il n’est fait référence aux Divinités chtoniennes, celles liées à la terre. Ceci pourrait être expliqué par l’ancienne conception cosmique des Indo-Européens.

Mercredi : 

Le nom de ce jour de la semaine ne s’est pas conservé de la même manière dans les langues d’origine germanique. Mais suffisamment a survécu pour pouvoir affirmer sans doute aucun, que le mercredi était le jour du Dieu Wodan – Odin. 
- Wednesday en anglais vient de l’anglo-saxon ancien Wodnesdaeg (le jour de Wodan)
- Woensdag en néérlandais vient du moyen-bas-allemand Wodensdach et Wunsdag (le jour de Wodan)
- Onsdag en danois vient du norrois Óðinsdagr (le jour d’Odin).

Par contre des langues germaniques comme l’allemand ou l’islandais ont subi les foudres de l’inquisition chrétienne qui n’ont pas permis que le souvenir du Dieu survive dans la langue courante. Les chrétiens firent du mercredi « le jour du milieu de semaine » en référence à la tradition juive qui fait débuter la semaine le dimanche, alors que la tradition païenne héritée du calendrier romain, fait commencer la semaine le lundi. C’est ainsi que mercredi (milieu de semaine) en islandais se dit Miðvikudagur, et en allemand Mittwoch. 

Wodanesdag en germanique commun nous renvoie donc au Dieu Wodan (Odin). Dans les traditions populaires qui ont survécu au moyen-âge chrétien, le mercredi semble avoir revêtu un aspect plutôt négatif, voire même très négatif. La question qui se pose aussitôt est de savoir si cet aspect négatif du mercredi est dû à la christianisation ou bien s’il est dû au côté obscur que possède la figure du Dieu Wodan. Personnellement je pencherais plutôt pour la 2è option, car en effet ce Dieu possède un côté parfois difficile à suivre, ce qui le rendait incertain et pas toujours digne de confiance auprès du peuple. Wodan-Odin était plus un Dieu de l’élite aristocratique que du peuple. Mais par ailleurs, il est fort possible aussi, que le christianisme ait rajouté une bonne couche afin d’éloigner le peuple de ses racines païennes. 

Dans les traditions populaires, le mercredi est parfois nommé le jour de malheur. C’était un jour pendant lequel il ne fallait entreprendre rien de nouveau. Se marier un mercredi était par exemple fortement déconseillé. Déménager un mercredi n’apportait que du malheur. Se rendre en voyage ce jour-là était s’assurer un voyage compliqué et plein d’embûches. Il était aussi recommandé de ne pas faire de pain un mercredi, et de ne pas aller aux champs. Se laver les cheveux ou se couper les ongles ce jour-là, étaient également vu comme un acte de mauvaise augure. Tout semble indiquer qu’il ne fallait en fait rien entreprendre du tout un mercredi. 

Jeudi : 

Dans toutes les langues germaniques s’est conservé l’origine païenne du nom du Jeudi. Il est incontestablement lié au Dieu Donar-Thunor-Thor. Le grand Dieu germanique de la foudre et ennemi des Géants du chaos a donné son nom à ce jour de la semaine. Voici quelques exemples du nom de Jeudi dans les langues germaniques:
– en anglais: Thursday (Þūnresdæg en anglo-saxon ancien)
– en allemand: Donnerstag (Donar chez les Germains continentaux)
– en néeralndais: Donderdag (Dondresdag – Donars Dag)
– en danois: Torsdag (Thors Dag)
– en vieux frison: Thunersdei

Dans la tradition populaire germanique, le jeudi a conservé une notion de jour de fête et de réjouissance. C’était un jour pendant lequel on faisait des offrandes aux Esprits du foyer et aux Esprits des arbres. Le jeudi était particulièrement propice pour le mariage. On se souvient que dans le paganisme germanique, le marteau de Thor, Mjölnir, servait à bénir les couples lors de la cérémonie de mariage. Par ailleurs, le jeudi était recommandé pour tout ceux qui voulaient entreprendre quelque chose de nouveau. Le début d’un nouvel office ou bien un déménagement étaient consacrés par les forces positives et constructives liées au jeudi. Semer un jeudi était également très favorable pour la croissance des plantes. Soigner les hommes ou les animaux était propice si c’était réalisé un jeudi. Un cheval malade par exemple devait être conduit face au soleil d’un jeudi afin qu’il guérisse plus rapidement. Et enfin, dans le monde paysan, on disait que si un mois commençait par un jeudi, alors le temps resterait tout le mois durant tel qu’il a été le premier jeudi en question.

Le lien de Donar-Thor au Jupiter des langues latines est uniquement dû au fait que les deux sont maîtres de la foudre. Ces deux figures divines ne remplissent pas les mêmes fonctions selon les panthéons.

Vendredi :

La tradition populaire chez les Germains en fait un jour de grande chance. L’étymologie du nom dans les différentes langues germaniques nous renvoie à deux grandes Déesses du panthéon germano-nordique: Frigga et Freyja. 
Firgga est l’épouse du Dieu Wodan-Odin, elle est une Déesse céleste, elle est la gardienne des couples, celle qui protège le mariage et la descendance issue des ces unions. 
Freyja est plus une Déesse liée aux forces terrestres, chtoniennes, elle est l’image de la beauté et de l’amour. L’amour qu’elle représente est autant sexuel que sentimental. Elle domine aussi l’art du Seidr, la magie chamanique dans la culture nordique.

Voyons donc à présent le mot Vendredi dans les différentes langues germaniques:
– Friday en anglais, vient de l’ancien anglo-saxon « Frīġedæġ » qui veut dire « Jour de Frigg ».
– Freitag en allemand, vient du vieux-haut-allemand Frīatag, qui veut dire « Jour de Fria » À noter ici la ressemblance entre les noms Fria-Frea et Freyja. Cette ressemblance est certainement celle qui mène au glissement lingüistique entre la Frigga continentale (Fria-Frea) et la Freyja nordique.
– Vrijdag en néérlandais, vient également de Frīatag (jour de Frigga).
– Friggjar-dagr en norrois (langue parlée par les Vikings), qui veut dire « Jour de Frigga ». C’est en norrois justement que semble avoir eu lieu le glissement linguistique mentionné ci-dessus. Car le norrois a également le terme de frjá-dagr qui lui fait référence à la Déesse Freyja. Ce glissement n’est certainement pas dû au hasard, car il se pourrait que cette confusion soit volontaire afin de représenter les deux aspects d’un archétype de la Déesse. 
– Fredag en suédois, qui vient du norrois frjá-dagr (Jour de Freyja). 

Dans la tradition populaire le Vendredi est un jour qui apporte la chance et la paix. La christianisation forcée tenta d’en faire dans plusieurs régions, un jour de malheur. Cette tactique a malheureusement réussie en partie lorsqu’on pense au fameux « vendredi 13″. Le Vendredi était connu dans les traditions païennes des Germains pour être un jour très favorable à la magie liée à l’amour. Toute pratique magique afin d’obtenir des faveurs sentimentales ou sexuelles, était particulièrement puissante si elle était réalisée un Vendredi. Ce jour était recommandé pour celui ou celle qui voulait consulter la sagesse des runes dans des questions d’amour. C’est donc un jour très favorable pour former de nouveaux couples. 

Mais le Vendredi était également réputé pour sa force dans la pratique de la médecine. Cette médecine pouvait se présenter sous forme de traitement pratique par les plantes, ou bien de rites liés au Seidr, la magie chamanique nordique. Par ailleurs le Vendredi était recommandé pour se couper les cheveux ou les ongles. Les cheveux sont liés au symbolisme de force, alors que celui des ongles est lié à la nécessité et aux temps difficiles à surmonter. Les ongles étaient entourés d’un véritable rituel, car à une heure bien précise le Vendredi, il faillait les couper dans le sens suivant: main gauche, pied droit, main droite, pied gauche. En reliant ainsi les membres opposés du corps, on obtient un graphisme intéressant qui n’est pas dû au hasard: un X. Ce X pourrait bien être la rune Gebo, la rune du don, du sacrifice. Le nom nordique de Gefjon commence par une rune Gebo ; Gefjon est un des noms de la Déesse Freyja, il signifie « celle qui donne ». Ce rite permettait aussi d’éviter les maux de tête, d’oreille, ou de dents. 

Le Vendredi était généralement admis comme le jour propice pour entreprendre quelque chose de nouveau, comme s’il marquait le début d’un cycle nouveau. 

Samedi :

Le Samedi est un jour problématique lorsqu’on cherche à remonter à ses racines païennes. Les autres jours de la semaine ont conservé des traces étymologiques claires qui permettent de remonter à la source de la tradition polythéiste. Ce n’est pas le cas du Samedi. Cependant, quelques rares sources linguistiques que nous allons voir ci-dessous, permettent quand-même de faire certaines suppositions.

Dans presque toutes les langues d’Europe, le Samedi fait référence à une influence étrangère à nos racines polythéistes. Une influence énorme qui nous est venue avec l’arrivée du pire fléau culturel qu’aient connus nos ancêtres païens: le judéo-christianisme. En effet ce dernier introduisit au début, l’idée que le Samedi était le 7è jour de la semaine, le Shabbat de la religion juive. C’est le jour de repos du dieu des Juifs après qu’il ait soit disant créé le monde en 6 jours. Mais le judéo-christianisme changea rapidement de stratégie lorsqu’il s’implanta de manière durable en Europe et devint le christianisme catholique. Il usurpa encore une fois une tradition païenne en déplaçant le jour de repos du « seigneur », le shabbat des juifs, vers le dimanche des païens, le jour du soleil. Cependant, la notion juive liée au Samedi se conserva dans la plupart des langues européennes, favorisant ainsi la perte presque totale du sens originel de ce jour de la semaine pour nos ancêtres païens. Voyons quelques étymologies du Samedi:- Samstag en allemand remonte au grec sambatton-sabbaton, qui lui-même vient de l’hébreu Šabbatai, le jour du Shabbat juif. Il en va de même pour les termes français « samedi », espagnol « sábado », italien « sabato », roumain « sâmbătă », russe « суббота », etc…

L’anglais « Saturday » ou le néérlandais « Zaterdag » ont conservé une trace païenne du Samedi, mais elle n’est pas germanique, elle est romaine. Elle fait référence au Dieu Saturne. Il se pourrait donc qu’il ait existé un équivalent germanique au Dieu Saturne, mais trop peu d’indices permettent dans ce contexte de savoir lequel exactement. - Les langues scandinaves nomment le Samedi « lørdag » en norvégien et en danois, « lördag » en suédois, et « laugardagur » en islandais. Ces termes font tous références au bain. Les Vikings avaient l’habitude de prendre leur grand bain ce jour-là. On peut donc y voir un certain symbolisme, celui lié au bain: la purification, le renouveau, et par extension, le changement cyclique.

Et enfin, une dernière source nous donne une piste supplémentaire pour cerner un peu mieux le samedi dans la tradition germanique. En Allemagne, et surtout dans la partie nord, il existe un deuxième terme pour désigner le samedi, c’est celui de Sonnabend. Ce mot se traduit par « soir du soleil », crépuscule donc. C’est ce même mot d’ailleurs qui était d’usage chez les anciens Saxons de Grande-Bretagne: « sunnanæfen ». Ce crépuscule désigne en fait « la veille du soleil », car en effet le lendemain c’est le jour du soleil, Sunday. Au niveau symbolique, ceci marque encore une fois l’aspect cyclique. Un cycle va s’achever avec le dimanche afin de renaître avec le lundi. Comme veille du dimanche, avec sa conception de crépuscule-mort et renaissance, le Samedi possède des indices qui nous mènent à un épisode de la mythologie germano-nordique. C’est le mythe du Dieu Balder. Ce dernier comme Dieu de la lumière solaire, fut tué par le sournois Loki lorsque ce dernier dirigea la flèche du Dieu aveugle Höder. L’obscurité de Höder fut victorieuse de la lumière de Balder. Ceci déclencha le célèbre épisode du Ragnarök au bout duquel le Dieu Balder revint pour ouvrir une ère nouvelle, célébrant ainsi la victoire de la lumière solaire. Avec ce mythe nous sommes en présence d’un mythe qui célèbre le renouveau cyclique. Dans ce contexte le Samedi pourrait donc être vu comme le jour de la mort initiatique, celle qui est nécessaire pour renaître dans une gloire perpétuellement renouvelée.

Dimanche :

Le nom du Dimanche dans les différentes langues germaniques ne laissent aucune place au doute: le dimanche était dédié au soleil. Voici quelques exemples:
– en allemand Sonntag vient du vieux-hau…t-allemand « sunnun tag », qui signifie « jour du soleil »
– en anglais Sunday vient de l’ancien anglo-saxon « sunnandæg », qui signifie « jour du soleil »
– en néérlandais Zondag signifie « jour du soleil »
– en danois Søndag vient du norrois « sunnudagr », qui signifie « jour du soleil »
– en islandais Sunnudagur vient du norrois « sunnudagr », qui signifie « jour du soleil »
– en suédois Söndag vient du norrois « sunnudagr », qui signifie « jour du soleil »

Tout comme dans l’ancienne Rome où le Dimanche se nomme Dies Solis (jour du soleil), chez les Germains ce jour là est dédié à l’astre-roi: le soleil. Son symbolisme est très profond et remonte aux anciennes conceptions religieuses des Indo-Européens. Deux groupes de symboles en particulier se rattachent directement au soleil, ce sont ceux des roues solaires et des différentes formes du swastika. Voir liens à la fin pour une explication détaillée de ces symboles.

Dans les traditions païennes germaniques il existe une Déesse qui personnifie directement le soleil. Chez les Germains continentaux elle se nommait Sunna, et chez les Germains de la branche scandinave on l’appelait Sól. Selon plusieurs spécialistes, il s’agirait ici d’une création plutôt littéraire, c’est à dire que la figure même de cette Déesse ne serait pas d’une grande antiquité. Ceci pourrait peut-être expliquer pourquoi en allemand le mot « soleil » est du genre féminin. Un glissement lingüistique se serait ainsi produit sur la base de cette dérive littéraire. Pourquoi « dérive »? Car certains éléments démontrent qu’en proto-germanique et dans certaines langues dérivées, se conservaient le souvenir du genre masculin pour le soleil. Ce genre masculin est en effet bien plus logique lorsqu’on considère que dans la plupart des panthéons indo-européens, le soleil est toujours associé à une grande figure divine du genre masculin. Une des nombreuses preuves historiques par exemple sont les gravures rupestres du sud de la Scandinavie qui datent de l’âge du bronze, époque à laquelle les Indo-Européens s’implantent définitivement. Elles présentent des Dieux masculins parés du symbole du soleil. Le soleil est l’expression du Ciel-Père qui s’unit à la Terre-Mère.

Dans la tradition populaire, le Dimanche est le jour de chance par excellence. Tout ce que l’on entreprend ce jour là est appelé à réussir. En allemand il existe l’expression « das Sonntagskind », l’enfant du Dimanche ; cette expression se traduit en français par « l’enfant qui est né sous une bonne étoile », c’est à dire un enfant qui a beaucoup de chance dans la vie.
Les mariages ou encore les déménagements sont réputés comme bénis par la chance s’ils sont réalisés un Dimanche. Ce sont en fait tous les grands changements au cours d’un cycle de vie, qui sont bénis par la chance liée au soleil du Dimanche.

Certains rites anciens ont même pu survivre dans le folklore germanique, comme celui qui recommande de faire trois fois le tour d’un lieu sacré en se concentrant sur son son propos. Ce rite magique permet la connexion avec les forces solaires et d’activer l’énergie qui émane du souhait. Il était également coutume de croire que tout ce que l’on pouvait rêver durant son sommeil un Dimanche, avait de grandes chances de se réaliser. Par ailleurs la sagesse populaire disait que le temps qu’il fait un Dimanche est très probablement celui qu’il ferait le reste de la semaine. Le soleil a aussi de nombreuses connections avec certaines plantes médicinales pour lesquelles la cueillette était particulièrement recommandée un Dimanche ou bien lors des grandes fêtes solaires de l’année.

Sources: »Kleines Lexikon des Aberglaubens », Ditte und Giovanni Bandini

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Le samedi dans la tradition Germanique

Posté par europeanwolf le 17 août 2013

Le Samedi est un jour problématique lorsqu’on cherche à remonter à ses racines païennes. Les autres jours de la semaine ont conservé des traces étymologiques claires qui permettent de remonter à la source de la tradition polythéiste. Ce n’est pas le cas du Samedi. Cependant, quelques rares sources linguistiques que nous allons voir ci-dessous, permettent quand-même de faire certaines suppositions. 
Dans presque toutes les langues d’Europe, le Samedi fait référence à une influence étrangère à nos racines polythéistes. Une influence énorme qui nous est venue avec l’arrivée du pire fléau culturel qu’aient connus nos ancêtres païens: le judéo-christianisme. En effet ce dernier introduisit au début, l’idée que le Samedi était le 7è jour de la semaine, le Shabbat de la religion juive. C’est le jour de repos du dieu des Juifs après qu’il ait soit disant créé le monde en 6 jours. Mais le judéo-christianisme changea rapidement de stratégie lorsqu’il s’implanta de manière durable en Europe et devint le christianisme catholique. Il usurpa encore une fois une tradition païenne en déplaçant le jour de repos du « seigneur », le shabbat des juifs, vers le dimanche des païens, le jour du soleil. Cependant, la notion juive liée au Samedi se conserva dans la plupart des langues européennes, favorisant ainsi la perte presque totale du sens originel de ce jour de la semaine pour nos ancêtres païens. Voyons quelques étymologies du Samedi:- Samstag en allemand remonte au grec sambatton-sabbaton, qui lui-même vient de l’hébreu Šabbatai, le jour du Shabbat juif. Il en va de même pour les termes français « samedi », espagnol « sábado », italien « sabato », roumain « sâmbătă », russe « суббота », etc… 
L’anglais « Saturday » ou le néérlandais « Zaterdag » ont conservé une trace païenne du Samedi, mais elle n’est pas germanique, elle est romaine. Elle fait référence au Dieu Saturne. Il se pourrait donc qu’il ait existé un équivalent germanique au Dieu Saturne, mais trop peu d’indices permettent dans ce contexte de savoir lequel exactement. - Les langues scandinaves nomment le Samedi « lørdag » en norvégien et en danois, « lördag » en suédois, et « laugardagur » en islandais. Ces termes font tous références au bain. Les Vikings avaient l’habitude de prendre leur grand bain ce jour-là. On peut donc y voir un certain symbolisme, celui lié au bain: la purification, le renouveau, et par extension, le changement cylcique. 
Le samedi dans la tradition Germanique dans Célébrations an00126005_001_l-251x300
(dieu saturne)
Et enfin, une dernière source nous donne une piste supplémentaire pour cerner un peu mieux le samedi dans la tradition germanique. En Allemagne, et surtout dans la partie nord, il existe un deuxième terme pour désigner le samedi, c’est celui de Sonnabend. Ce mot se traduit par « soir du soleil », crépuscule donc. C’est ce même mot d’ailleurs qui était d’usage chez les anciens Saxons de Grande-Bretagne: « sunnanæfen ». Ce crépuscule désigne en fait « la veille du soleil », car en effet le lendemain c’est le jour du soleil, Sunday. Au niveau symbolique, ceci marque encore une fois l’aspect cyclique. Un cycle va s’achever avec le dimanche afin de renaître avec le lundi. Comme veille du dimanche, avec sa conception de crépuscule-mort et renaissance, le Samedi possède des indices qui nous mènent à un épisode de la mythologie germano-nordique. C’est le mythe du Dieu Balder. Ce dernier comme Dieu de la lumière solaire, fut tué par le sournois Loki lorsque ce dernier dirigea la flèche du Dieu aveugle Höder. L’obscurité de Höder fut victorieuse de la lumière de Balder. Ceci déclencha le célèbre épisode du Ragnarök au bout duquel le Dieu Balder revint pour ouvrir une ère nouvelle, célébrant ainsi la victoire de la lumière solaire. Avec ce mythe nous sommes en présence d’un mythe qui célèbre le renouveau cyclique. Dans ce contexte le Samedi pourrait donc être vu comme le jour de la mort initiatique, celle qui est nécessaire pour renaître dans une gloire perpétuellement renouvelée.
 
TOUS LES JOURS DE LA SEMAINE GERMANIQUE ICI
Sources: »Kleines Lexikon des Aberglaubens », Ditte und Giovanni Bandin

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Conférence à Terre et Peuple par le GUD Lyon: Les indo-Européens

Posté par europeanwolf le 14 octobre 2012

Pas moins d’une quarantaine de personnes s’est réunie à Lyon pour assister à la réunion de l’éminent professeur Monsieur Jean Haudry. Sublime conférence qui avait pour sujet les Indo-européens. Je ne m’amuserais pas à retranscrire la totalité des paroles du professeur tant la foule d’information était grande, et qu’une erreur de ma part est largement possible. Néanmoins vous trouverez ci-dessous un extrait de la conférence. Pour tous les curieux qui veulent en connaître davantage, monsieur Haudry a publié un livre qui sera un parfait bagage pour apprendre l’indo européanisme. Toutes les tranches d’âge étaient présentes a cette réunion, parfait symbole d’une lutte qui a commencer il y a bien longtemps et que nous, jeunes militants, nous assurons une existence et une continuité dans le temps. Le discours a duré presque deux heures, tous les partisans étaient attentifs à la moindre parole et c’est une salve d’applaudissement qui clos ce débat. L’organisation était satisfaisante, et un buffet nous attendait à la fin de la conférence afin de pouvoir échanger nos points de vue, nos questions et nos futures rencontres. Bref, ce fut une très bonne opportunité de revoir certains camarades et d’en rencontrer de nouveaux.

Cette conférence a put être possible grâce à Terre et Peuple et au GUD Lyon, merci à eux.

 Conférence à Terre et Peuple par le GUD Lyon: Les indo-Européens dans Nos actions photo1-249x300

I. – Histoire de la recherche

La recherche sur les Indo-Européens est passée par deux phases opposées. A l’enthousiasme parfois téméraire des premiers temps ont succédé le désenchantement et l’hypercritique:

«Après les espoirs, nourris par les travaux de Kuhn, de Grimm, de Max Müller et de Schrader, que l’étude comparée des vocabulaires permettrait de reconstituer un état de civilisation, on était entré dans une ère de critique et de doute qui menaçait de réduire l’Indo-Européens à la condition de fantôme linguistique: d’une part, on ne voulait plus connaitre d’eux que la langue; d’autre part, l’idée d’une langue commune, dont toutes les autres seraient issues, cédait la place à l’hypothèse de dialectes entre lesquels des affinités auraient existé au départ ou se seraient développées au cours des temps».

Cette position extrême où le scepticisme sur l’existence d’une communauté ethnique aboutit à mettre en doute, contre toute évidence, l’existence d’une communauté linguistique est celle de Trubetzkoy, évoquée dans la conclusion d ‘un précédent volume de la même collection. Il est permis de penser qu’aujourd’hui la recherche sur les Indo-Européens est entrée dans une troisième phase, celle de la critique positive et des certitudes raisonnées.  

II. – Problématique

On ne saurait parler des Indo-Européens comme on parle des Grecs ou des Romains, puisque nous n’avons d’eux aucun texte; par suite, aucun site, aucun monument, aucun objet ne peut leur être attribué sans discussion. Le chercheur ne dispose pas même de témoignages contemporains comme pour les Gaulois, les Germains et les autres «Barbares» connus des Grecs et des Romains. Au départ, l’existence des Indo-Européens n’est pas une donnée, mais une hypothèse au second degré. La première hypothèse est celle d’une langue indo-européenne: comme on l’a rappelé dans L’indo-européen, p. 123, cette hypothèse est la seule qui rende compte des concordances nombreuses, complexes et precises relevées dans la grammaire et le vocabulaire de la plupart des langues d’Europe et de plusiurs langues d’Asie. L’existence d’une langue implique celle d’une communauté linguistique. Mais communauté linguistique n’implique pas nécessairement peuple ou nation: le français est aujourd’hui la langue d’une communauté linguistique dite «francophone» qui, prise dans son ensemble, n’a en commun que la langue. Une situation analogue s’est constituée apres l’éclatement de l’Empire romain d’Occident. Mais peut-on avec quelque vraisemblance faire une telle supposition pour le IIIe millénaire avant notre ère? Tel est en effet le tenne ultime d’une communauté indo-européenne: au début du IIe millénaire apparaissent, déjà bien différenciées, les langues indo-européennes d’Anatolie; or, rien n’indique l’existence d’un vaste empire au IIIe millénaire ou antérieurement. La communauté linguistique indo-européenne ne peut être celle d’un empire ou d’une confédération; c’est nécessairement celle d’un peuple migrateur. Ce peuple, objectera-t-on, peut avoir été le rassemblement éphémère d’individus sans autre lien qu’une commune aventure, et, dans ce cas, il serait vain de rechercher ce qu’ils avaient en commun par ailleurs. Mais une telle supposition se heurte aujourd’hui à l’existence indiscutable d’une phraséologie poétique traditionnelle reflétant une idéologie commune. Et nous verrons que la communauté s’est étendue sur deux périodes de la préhistoire, l’âge de la pierre et l’âge du cuivre. Ce qui nous conduit à la seconde hypothèse, celle d’un peuple indo-européen, dont il reste à déterminer la civilisation, la culture et la nature, ainsi que la localisation dans l’espace et dans le temps.  

III. – Techniques de reconstruction de datation et de localisation 

1. Civilisation matérielle. – Pour déterminer le niveau de civilisation matérielle de ce peuple, en l’absence de témoignage direct, on ne dispose au départ que de la paléontologie linguistique. Cette méthode consiste à attribuer à un peuple la connaissance des êtres, des notions et des objets dont la langue possède la dénomination, et à lui dénier la connaissance de tout ce que son lexique ignore ou ne connaît que par emprunt. Lorsque la langue sur laquelle on opère est elle-même reconstruite, les incertitudes de la reconstruction linguistique s’ajoutent aux incertitudes inhérentes à la méthode. L’absence d’une dénomination peut être due à des causes purement linguistiques. Ainsi, du latin aux langues romanes, le nom du cheval, lat. equus, a été remplacé par caballus sans que pour autant le cheval ait disparu du domaine correspondant avant d’y être réintroduit. La méthode ne peut donc pas s’appliquer aveuglément. Mais, en dépit de ses incertitudes, elle a fourni des indications qui se sont vérifiées, ainsi pour le niveau de la technique métallurgique. Le lexique indique la connaissance du cuivre (*áyes-) , mais non celle du fer, dont la dénomination varie d’une langue à l’autre. Cette indication situe la période finale de la communauté dans l’âge du cuivre, ce qui se vérifie par ailleurs. Cette méthode a été utilisée avec succès pour déterminer le cadre de vie des Indo-Européens, et par là pour situer géographiquement leur habitat primitif.

2. Culture. – Appliquée à la religion, composante essentielle de la culture, cette méthode a donné naissance à la mythologie comparée dont les résultats ont été si décevants qu’encore en 1928 A. Meillet concluait qu’on ne savait rien de la religion indo-européenne, sinon que le culte s’adressait à des dieux «celestes, immortel, donneurs de biens» et à des faits sociaux divinisés. G. Dumézil a montré depuis qu’en cette matière il ne faut pas essayer de superposer des mots, mais comparer des ensembles de faits. Le nom des dieux, des officiants, des rites et des objets du culte diffère d’une langue à l’autre: la religion romaine et la religion grecque n’ont guère en comun qu’un nom divin signifiant étymologiquement «le Père Ciel», Jupiter = Ζευς (πατηρ), mais le dieu qui le porte n’est pas la personnification du ciel; le nom de Junon ne concorde pas avec celui d’Héra et l’Apollon romain n’est que l’emprunt de l’Apollon grec. Paradoxalement, ce n’est pas dans les textes religieux que sont apparues les concordances essentielles. A Rome, chez les Germains, chez les Celtes, la tradition s’est conservée sous forme de légende épique ou d’histoire légendaire. C’est seulement en Inde et en Iran que nous s0nt conservés des textes religieux antérieur à l’épopée et à l’histoire; plus explicites par nature, ces textes ont donné la clé de la pense religieuse des Indo-Européens et permis d’utiliser les autres documents. Il est apparu que la base des conceptions religieuses indo-européennes était la répartition des activités divines et humaines en trois fonctions cosmiques et sociales: s0uveraineté magico-religieuse, guerre, production et reproduction. Figées en castes dans la sociéte indienne qui se divise en pretres, guerrieres et producteurs, les trois fonctions sous-tendent non seulement une foule de légendes épiques ou semi-historiques (l’épopée indienne, l’histoire des premier temps de Rome, les Sagas celtiques et islandaises), mais encore l’organisation du panthéon des divers peuples indo-européens, chez qui on retrouve des dieux de même fonction suos des noms differents: la souveraineté magico-religieuse est l’apanage de Jupiter et de Fides à Rome, de Varuna et de Mitra dans l’Inde védique, d’Odin et de Tyr en Islande; la fonction guerrière appartient respectivement à Mars, à Indra, à Thor; la fonction productive à Quirinus, aux Aśvin, à Freyr et Freya. Ces triades fonctionnelles ne sont pas des constructions de l’esprit: la triade Jupiter-Mars-Quirinus est attestée dans la Rome royale et chez ses voisins ombriens; la triade indienne formée par la couple Mitra-Varuna, Indra et les Aśvin (nommés aussi Nâsatya) l’est dans un traité entre le souverain indien du Mitanni et l’un de ses voisins; la triade nordique était honorée au temple d’Upsal. Et la conception trifonctionnelle est si profondément enracinée dans la mentalité des peuples indo-europeens que, par-delà l’Empire romain, elle resurgit dans l’organisation de la société médiévale en oratores (clergé), bellatores (noblesse), laboratores (tiers état). La méthode de G. Dumézil, la «nouvelle mythologie comparée» (5), vaut donc non seulement pour la religion mais pour l’ensemble des institutions; il y à plus d’un siècle, Fustel de Coulanges montrait, dans La cité antique, l’unité profonde du droit public et privé et de la religion. On peut aujourd’hui mesurer la fécondité de cette méthode au nombre impressionnant de concordances qu’elle a permis de découvrir entre les systèmes conceptuels, les schémas narratifs, les institutions, etc., en l’absence de dénominations communes. La méthode étymologique retrouve ses droits dans le domaine du formolaire poetique traditionnel: depuis un siècle, chaque année apporte sa moisson toujours plus riche de rapprochements entre formules du Véda et de l’Avesta, kenningar germaniques, épithètes homériques, etc.; et ce formulaire est porteur d’une idéologie que nous aurons souvent l’occasion d’évoquer ci-dessous.

3. Peut-on restituer l’état politique et social réel? – On ne doit jamais perdre de vue que toutes ces reconstructions permettent d’atteindre uniquement l’image que les Indo-Européens se faisaient d’eux-mêmes, non de la réalité des faits et des structures. Ainsi, comme l’a indiqué G. Dumézil, rien ne permet d’affirmer que la population était effectivement divisée en trois classes fonctionnelles et si, dans ce cas, il existait entre elles une certaine mobilité. On ne peut donc reconstruire que des modèles probables, en tenant compte de la reconstruction de l’idéologie et en confrontant les modèles attestés à date historique, dont certains présentent effectivement des concordances significatives. Mais en définitive le modèle reconstruit ne prend réellement consistance qu’une fois identifié sur le terrain. Ici, comme pour tout ce que concerne la civilisation matérielle, le dernier mot appartient nécessairement aux archéologues.  

IV. – L’identification archéologique et anthropologique

L’utilisation conjointe de toutes cet indications permet de poser correctement le problème de l’identification archéologique du peuple indo-européen, c’est-à-dire de l’attribution à ce peuple de tel ou tel site archéologique connu. La datation du divers sites qu’on lui attribue permet de reconstituer ses deplacements: par là, on apporte un début de solution au vieux problème de l’habitat originel. A ce dossier, il convient de joindre les indications externes, qui témoignent des rapports, ou peut-être d’une parenté, entre la communauté indo-européenne et d’autres peuples. Un champ immense, encore peu exploré, s’ouvre à la recherche. C’est en tout dernier lieu qu’il est possible de s’interroger sur l’identification anthropologique du peuple indo-européen; la morphologie des squelettes retrouvé dans le sites qui lui sont attribués permet de le situer par rapport aux races définies par l’anthropologie physique, et de contrôler les indications fournies par les textes et les documents figurés sur l’apparence physique de ses descendants.

V. – Caractère et mentalité

Il est difficile de tracer un portrait moral des Indo-Européens, c’est-à-dire de déterminer les constantes de leur caractère, mais il est facile de connaître leurs idéaux, grâce au formulaire poétique traditionnel, véhicule naturel de l’idéologie, et grâce aux noms de personnes: nomen omen, le nom qu’on donne à un enfant indique ce que l’on attend de lui. Enfin, le problème de la mentalité a été posé à partir des données linguistiques: le débat sur l’existence de noms abstraits dans la langue met en cause la faculté d’abstraction des sujets parlants; le caractère récent des conjonctions de subordination, qui fait conclure à l’inexistence de la phrase complexe en indo-européen, a été interprété comme l’indice d’une pensée rudimentaire. Une réflexion nouvelle sur le sens de l’évolution linguistique permet de reconsidérer ces conclusions. A partir de la base linguistique de l’étude, idéaux et mentalité sont ainsi les éléments les plus directement accessibles; c’est par eux que nous commencerons.

Par Brunhilde

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Nibelungen

Posté par europeanwolf le 14 septembre 2012

Les Nibelungen

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« La version la plus complète et la plus belle, sinon la plus ancienne, de cette légende est certainement la Chanson des Nibelungen (Nibelungenlied). Le poème, qui comprend 3.379 strophes – de quatre vers chacune – réparties en trente-neuf «aventures», a été composé en Autriche peu après l’an 1200. Le succès en fut immédiat et durable, comme l’attestent environ trois douzaines de manuscrits ou bien de fragments de manuscrits conservés. Après avoir reçu auprès de ses parents l’éducation d’un chevalier courtois, Siegfried se rend à Worms pour y briguer la main de Kriemhild, la soeur des rois burgondes (Gunther, Gernot, Giselher), dont il a entendu célébrer la beauté. Reconnu dès son arrivée à Worms par Hagen, l’un des vassaux des rois, qui rappelle comment il s’est emparé du trésor des Nibelungen et de la chape qui rend invisible, comment il s’est rendu invulnérable en se baignant dans le sang d’un dragon qu’il venait de tuer, Siegfried n’est cependant admis à se présenter devant celle qu’il aime qu’après avoir aidé les Burgondes à triompher des Saxons et des Danois. Un marché est alors conclu entre Gunther et Siegfried: celui-ci accordera au preux étranger la main de sa sœur Kriemhild, à condition qu’il l’aide à conquérir Brünhild, la vierge guerrière qui règne sur l’Islande. Grâce à la chape magique, Siegfried se substitue à son ami et triomphe dans les épreuves sportives que Brünhild impose à ses prétendants. Un double mariage est alors célébré à Worms, mais une nouvelle fois, Siegfried doit intervenir pour mater Brünhild, la mariée rebelle; au cours de la lutte, il lui enlève sa ceinture et son anneau, qu’il a le tort de remettre à Kriemhild. Ensuite, accompagné de son épouse, il retourne dans son pays. Dix ans plus tard, Siegfried et Kriemhild retournent à Worms où une violente querelle ne tarde pas à éclater entre les deux reines. Brünhild traite sa belle-soeur de serve – en Islande, Siegfried s’était fait passer pour le vassal de Gunther – mais elle est réduite au silence quand Kriemhild lui montre la ceinture et l’anneau qui lui avaient été dérobés au cours de la nuit des noces, et qu’elle l’accuse publiquement d’avoir été la «concubine» de Siegfried. Humiliée, Brünhild ne songe plus qu’à se venger, et Hagen lui promet son aide. Ayant obtenu par ruse que Kriemhild elle-même lui indique le seul 1’endroit où Siegfried est demeuré vulnérable, il organise, avec l’assentiment de Gunther,une partie de chasse dans l’Odenwald et, traîtreusement, il tue Siegfried. Devant le corps de son époux, Kriemhild exhale sa haine contre les meurtriers. Mais il lui faudra attendre de longues années avant d’avoir la possibilité de se venger. C’est ce désir qui lui fait accepter la demande en mariage d’Etzel, le roi des Huns. Elle se rend au pays des Huns et épouse Etzel dont elle a un fils, Ortlieb. Mais elle n’a pas oublié Siegfried, et elle obtient d’Etzel qu’il invite les rois burgondes. Malgré les avertissements de Hagen, ceux-ci acceptent l’invitation, et ils ne rebroussent pas chemin quand les ondines du Danube leur annoncent le destin funeste qui les attend. Arrivés à Etzelburg, ils sont bien accueillis par Etzel lui-même, mais tout dans les paroles et dans le comportement de Kriemhild les incite à se tenir sur leurs gardes; Hagen, de son côté, s’emploie à exaspérer Kriemhild par son insolent orgueil. Quand il apprend que les valets des Burgondes ont été massacrés, il tranche la tête du jeune fils de Kriemhild, et les combats se déchaînent. Les six dernières aventures relatent longuement la résistance héroïque que les Burgondes opposent aux assauts répétés de leurs ennemis. Finalement ne restent en vie du côté des Burgondes que Gunther et Hagen. Vaincus à leur tour par Dietrich von Bern, ils sont mis à mort par Kriemhild, tuée elle-même par Hildebrand, le vassal de Dietrich. Aux rares survivants, il ne reste plus qu’à pleurer les morts en une longue Plainte (Klage). 

1. Caractères généraux 

La Chanson des Nibelungen passe à juste titre pour un des chefs-d’oeuvre de la littérature allemande au Moyen Âge. L’auteur a su équilibrer les deux parties de son récit, tout en en maintenant l’unité; il a réussi d’admirables tableaux (Hagen montant la garde avec son ami Volker, refusant de se lever à l’approche de Kriemhild); en artiste consommé, il a su tirer parti des ressources que lui offrait le recours aux leitmotive à valeur symbolique (trésor des Nibelungen, épée de Siegfried…), aux rêves et aux avertissements prémonitoires. Sans doute a-t-il voulu adapter les vieilles légendes à l’esprit de son temps: il s’est appliqué à donner à son poème un vernis courtois en présentant Siegfried comme un soupirant timide, selon la meilleure tradition du Minnesang, en multipliant les descriptions de fêtes avec leur étiquette rigoureuse, avec leur déploiement de luxe. Mais la matière qu’il avait à traiter se prêtait mal à cette stylisation courtoise, et lui-même avait sans doute trop le sens du tragique inhérent à la condition humaine pour accepter d’édulcorer les données de l’antique fable. Dieu demeure étrangement lointain dans son poème: le destin, l’implacable wurd des vieux Germains, y assume sa place et il pousse à leur perte, conjointement, avec la démesure qui souvent les caractérise, les protagonistes de ce drame. Dans le déchaînement des passions, même ce chevalier irréprochable qu’est Rüdiger ne peut échapper à la mort, et Dietrich, le roi juste et mesuré, n’arrive pas à faire entendre la voix de la raison. Il y a un abîme entre la «détresse des Nibelungen» (der Nibelunge not: ce sont là les derniers mots du manuscrit B) et la conclusion optimiste, digne des contes de fées, qui caractérise le roman arthurien. 

2. Les sources immédiates 

Les vieux récits, source du poème du XIIIe siècle, quels étaient-ils? Sous quelle forme étaient-ils parvenus à l’auteur – anonyme – de la Chanson des Nibelungen? On admet en général que les sources étaient de nature différente pour la première et pour la deuxième partie du poème. Pour la première partie, l’auteur s’est sans doute inspiré de chants assez brefs qui relataient les exploits du jeune Siegfried, de même que sa mort. On en retrouve l’écho partiel dans un poème fort médiocre du XIVe siècle, le Seyfriedslied. Le récit de la mort des rois burgondes, en revanche, aurait déjà subi vers 1160 – sans doute sous l’influence des chansons de geste – un premier «élargissement épique»; il y aurait eu une première épopée (non conservée), connue sous le nom de Ältere Not. Ces théories tirent leurs arguments essentiels de la Thidrekssaga (compilation norvégienne, vers 1260) dont l’auteur, selon ses propres dires, s’est ingénié à grouper autour d’un personnage central, Dietrich von Bern, les légendes alors en vogue en Allemagne. Or le récit de la vie et de la mort de Siegfried ne prend que quelques pages, alors que la mort des rois burgondes est relatée avec un luxe de détails caractéristique d’une épopée. L’auteur de la Thidrekssaga pouvait certes connaître la Chanson des Nibelungen, mais entre son récit et le poème allemand les divergences sont telles qu’on est enclin à penser qu’il s’est inspiré de textes plus anciens, en particulier de la Ältere Not. 

3. Les témoignages nordiques 

I l peut paraître singulier qu’antérieurement à la fin du XIIe siècle les légendes du cycle des Nibelungen aient laissé si peu de traces en Allemagne: tout au plus peuton signaler la présence de Gunther et de Hagen dans un poème latin du début du Xe siècle, le Waltharius. Cela se comprend cependant, car les poèmes qui les relataient ne se transmettaient que par la tradition orale, et il ne s’est trouvé personne pour les noter. Mais, d’Allemagne, ces légendes étaient passées dans les pays scandinaves et, grâce à l’Islande, on possède des documents dont les plus anciens remontent sans doute au IXe ou au Xe siècle. L’abondance de ces textes met en lumière le prestige dont jouissaient les légendes dont les héros étaient Sigurd (Siegfried), Brynhild, Gudrun (Kriemhild), Gunnar (Gunther), Högni (Hagen), Atli (Etzel). Bragi, le plus ancien des scaldes norvégiens connus, y fait déjà allusion vers 850; la plupart des chants de l’Edda s’en inspirent; Snorri Sturluson en donne un bref résumé dans son Edda en prose; elles sont relatées avec force détails dans la Völsungasaga et, dans certaines régions, les ballades populaires en ont gardé le souvenir jusqu’à l’époque moderne. Entre les versions nordiques et la Chanson des Nibelungen, on relève des divergences sensibles. Les différences portent surtout sur la première partie. Les pays scandinaves rattachent la légende de Sigurd au monde des dieux de la mythologie germanique: ils font descendre la lignée dont est issu Sigurd d’Odin lui-même; c’est là que l’on trouve le motif de la malédiction attachée à l’or dont les dieux dépouillent le nain Andvari et dont Sigurd s’empare après avoir tué le dragon Fafnir. Ils mettent de plus en plus l’accent sur cette mystérieuse Brynhild – parfois présentée comme une fille d’Odin –, sur l’amour qu’elle porte à Sigurd, sur le dépit qu’elle ressent à le voir marié à une autre. On aboutit ainsi à une sorte de «roman de Brynhild» dont les traits essentiels sont les suivants: Sigurd et Brynhild se rencontrent une première fois et échangent des serments d’amour, mais un philtre que lui verse la mère des rois burgondes fait que Sigurd oublie ces serments et épouse Gudrun. Il aide ensuite son beau-frère Gunnar à conquérir Brynhild que protège un rempart de flammes; pour cela, il change d’aspect avec Gunnar, s’introduit auprès de Brynhild dont il partage la couche durant trois nuits. Sans cesser d’aimer Sigurd, Brynhild devient ainsi la femme de Gunnar. Mais plus tard, quand au cours d’une querelle entre les deux reines la supercherie est découverte, elle exige que Sigurd soit mis à mort, puis elle monte elle-même sur le bûcher. La différence la plus frappante entre la Chanson des Nibelungen et les versions nordiques porte sur la deuxième partie. Dans le poème allemand, Kriemhild, avide de venger la mort de Siegfried, attire ses frères au pays des Huns et les fait périr; dans les textes nordiques, au contraire, il n’y a nul lien de cause à effet entre la mort de Sigurd et celle de ses beaux-frères: c’est Atli qui invite traîtreusement les Burgondes à lui rendre visite et, malgré les avertissements de ses guerriers, Gunnar accepte l’invitation, mais à peine arrivés auprès d’Atli, les Burgondes sont maîtrisés, Högni est mis à mort, Gunnar jeté dans la fosse aux serpents où il périt. Gudrun, qui avait cherché en vain à prévenir ses frères du sort qui les attendait, venge alors leur mort de façon particulièrement cruelle: elle sert à Atli un véritable «festin d’Atrée» (les deux fils nés de leur union), quis elle met le feu à la salle des banquets; les Huns, Atli et Gudrun elle-même périssent dans les flammes.  

4. Genèse des légendes 

On trouve ce récit dans un des plus anciens poèmes de l’Edda, le Chant d’Atli (Atlakvida). Ce texte, composé sans doute au Xe siècle, a conservé plus fidèlement que la Chanson des Nibelungen les données premières de la légende, et il est possible, en partant de lui, d’entrevoir comment des événements historiques du Ve siècle ont pu donner naissance à celle-ci. En 437, les Burgondes établis dans la région de Worms sont défaits et en partie exterminée par les Huns; leurs rois eux-mêmes périssent. Les survivants s’établissent alors en «Bourgogne», et un document du début du Ve siècle, la loi Gombette, a conservé les noms de leurs anciens rois: ce sont, à peu de chose près, ceux qu’on trouve dans la Chanson des Nibelungen et dans les textes scandinaves. Quelques années plus tard, Attila meurt au cours d’une nuit passée auprès d’une concubine dont le nom, Hildico, semble indiquer une origine germanique. La légende a établi entre ces deux faits une relation de cause à effet: Hildico a tué Attila pour venger la mort de ses frères, les rois burgondes. S’il est donc relativement aisé de déceler les origines de cette légende, il est plus difficile de dire comment se sont formées celles dont Siegfried est le héros. Était-il à l’origine un être mythique dont le destin symboliserait successivement la victoire de la lumière sur les ténèbres (combat avec le dragon), puis la revanche des forces du mal (mort de Siegfried)? S’agit-il d’un personnage de contes populaires qui serait devenu héros de légende? Ou bien ces récits – comme celui de la mort des rois burgondes – remontent-ils en dernière analyse à des événements historiques? Faut-il y voir l’écho des démêlés sanglants entre Brunehaut (Brünhild), l’épouse du roi d’Austrasie Sigebert, et Frédégonde? Siegfried est-il le chef chérusque Arminius, dont la victoire sur les légions romaines de Varus aurait été présentée sous la forme mythique d’un combat avec un dragon, alors que le récit de sa mort se serait maintenu sur le plan purement humain? De toutes ces thèses, aucune n’a réussi à s’imposer. Une seule chose paraît assurée: dans toutes les versions, Siegfried est présenté comme le beau-frère des rois burgondes; sa légende n’a donc pu prendre sa forme définitive qu’à un moment où la légende de leur mort était déjà connue, soit au VIe siècle, c’est-à-dire en pleine époque mérovingienne. Et n’est-ce pas une «atmosphère mérovingienne » que l’on respire dans ces récits où les trahisons, les meurtres au sein d’une famille royale jouent un si grand rôle? Cependant, l’unité entre les deux légendes n’a été réalisée qu’à partir du moment (au VIIIe ou au XIe siècle?) où un poète allemand, par un trait de génie, présenta la mort des rois burgondes comme une conséquence directe de l’assassinat de Siegfried. Après une période d’oubli relatif au XVIIe et au XVIIIe siècle, la légende des Nibelungen a retrouvé son prestige à l’époque romantique. Depuis lors, les éditions de textes, les traductions, les études se sont multipliées; les poètes se sont emparés de ce beau sujet et se sont employés à faire revivre les vieilles légendes. La plupart de ces oeuvres modernes ne présentent d’intérêt que pour le spécialiste. Deux d’entre elles seulement ont touché un public plus vaste. Suivant de près la Chanson des Nibelungen, F. Hebbel a voulu «mettre le poème à la portée de la nation, sous une forme dramatique ». Mais c’est évidemment par la Tétralogie de Richard Wagner que le monde entier connaît maintenant la tragique histoire de Siegfried et des rois burgondes. »

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